Gris anthracite: la pluie
Dong Dong Dong Dong Dong Dong Dong Dong Dong Dong Dong Dong
Minuit. La mi-temps. En longues vibrations concentriques, le tympan de bronze du gros bourdon bicentenaire résonne encore de sa litanie rituelle. Suspendu au campanile de fer forgé du clocher, il veille en sentinelle zélée sur le petit port assoupi. Des bourrasques de pluie chaude balaient les quais déserts et font chanter en un concert improvisé les drisses des voiliers amarrés. Le staccato métallique des élingues le dispute au sostenuto de forge d'un sirocco parfumé qui se plaît à agiter les coques de noix comme autant de bouchons sur le plan d'eau irisé de la darse. Quelques pointus polychromes caparaçonnés de filets de pêche tirent nerveusement sur leur bout d'amarrage en une vaine tentative de gagner le large et de renouer, par leur étrave, avec le labourage fécond et rythmé de cette mer nourricière qui les affole.
C'est une de ces nuits d'Avril où le temps hésite encore entre s'accrocher à l'hiver pour prouver son pouvoir tyrannique ou s'offrir, magnanime, à la tiédeur débonnaire du printemps. Un de ces moments magiques entre chien et loup, entre sucré et amer, entre douillet et glacial, entre yin et yang, un de ces instants qu'on croirait comme suspendus entre parenthèses d'éternité, où le coeur de l'Homme frissonne et s'abandonne à la mélancolie de la poésie.
L'Homme est là précisément. Silencieux, respectueux, debout derrière la seule fenêtre allumée du village. Une bonne fille de fenêtre à carreaux de plomb, battue par des rafales de gouttes tièdes qui y font ruisseler de petites traînées de sable rouge venu des côtes africaines, là-bas, de l'autre côté de la Méditerranée, transporté par ce vent du Sud qui se joue des frontières dérisoires des hommes.
L'Homme est là sans y être. Ses yeux aigue-marine fixent vaguement un point imaginaire au -delà des rigoles ocres qui brouillent sa vue. Le tracé lancinant des filets d'eau désordonnés cherchant leur chemin sur la vitre vers cette terre qui les absorbera goulûment avant de les rendre à l'éther sous forme de rosée matinale le plonge dans une douce rêverie. Son esprit court avec le vent, là-haut, ectoplasme de brume qui caracole fougueusement sur les nuages échevelés, pique sur la digue de roches, effectue une ressource acrobatique en rugissant, martèle furieusement le pont d'une vieille goélette brinquebalante avant de caresser la frange d'écume des vagues et d'y mourir en un dernier baiser comme pour se faire pardonner.
Dong Dong Dong Dong Dong Dong Dong Dong Dong Dong Dong Dong
Les douze coups asthmatiques de la vieille horloge normande valétudinaire le ramènent à la réalité. Ce décalage permanent avec le bourdon de l'église fait naître un sourire amusé sur ses lèvres. Cette approximation dans la mesure du temps qui s'écoule lui apparaît comme un à-peu-près de génie. Un pied de nez effronté à l'orgueil des hommes qui ont voulu, avec leurs horloges atomiques, leurs oscillations de quartz et leurs étalons de nano-secondes, maîtriser le facteur le moins maîtrisable, le temps. Toujours ce vieux rêve prométhéen de régenter le monde. Dérisoire tentative d'asservissement, révélatrice de la psychose engendrée chez l'homme par ce qui lui apparaît comme l'inéluctable sablier le poussant vers la mort.
Quelle meilleure façon pourtant, pour le maîtriser, que d'en nier par instants la fuite pour mieux s'approprier des instants d'éternité complice ?
Il aimait ce travail de nuit pour la possibilité qui lui était ainsi offerte de s'affranchir du despotisme de la montre , succédané moderne des bracelets d'esclaves antiques dont l'homme a désormais librement consenti à se ceindre.
"Veilleur de nuit, le gardien du temps" prononce-t-il à mi-voix en souriant, séduit par cet aphorisme définitif.
DOOOOOooooooooooooooong DOOOOOooooooooooooooong
Quelqu'un attend à la porte d'entrée de la vieille auberge. Il se félicite d'avoir remplacé la veille le timbre vrillant et agressif de la sonnette électrique d'origine par une invention new-age de son cru: le scellement dans la maçonnerie du porche d'un gong bouddhiste, petite coupelle de bronze dont les adeptes en prières sollicitent les vibrations harmonieuses pour accompagner leurs mélopées vers le ciel. Il trouvait à ces résonances colorées des accents à la fois sereins et jubilatoires et restait empreint d'une respectueuse fascination pour le savoir-faire de l'artisan qui avait su façonner le métal en fusion au point de le faire chanter.
DOOOOOooooooooooooooong
Le client s'impatiente. Encore une victime expiatoire de Chronos, ce dieu du temps exigeant et dévorant.
Il ouvre la porte au candidat à l'infarctus, l'hôte de la chambre 5, un quinquagénaire dédaigneux qui s'efface pour laisser entrer sa jeune femme dont il accuse à peine le double de l'âge, une lolita perverse à la bouche gourmande.
Pour la seconde fois de la soirée, après leur avoir indiqué quelques heures auparavant les coordonnées du meilleur écailler du port, une fulgurante décharge d'adrénaline parcourt ses reins.
Précédée d'une arrogante paire de seins outrageusement moulée dans une mini-combinaison de latex, elle le frôle en le gratifiant d'une oeillade appuyée. Nimbée d'une effluve de fragrances capiteuses, aux senteurs de musc et d'ambre mêlées, lourdes de promesses, elle se met à gravir lentement les marches d'escalier en ondulant des hanches avec une provocation étudiée.
Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants
et d'autres corrompus, riches et triomphants ...
Hypnotisé par cette démarche chaloupée qui exprime l'art consommé avec lequel, depuis plus de 5000 ans, les courtisanes cyniques s'attachent les mâles dits dominants, il lui revient en mémoire-flash la voix éraillée d'Higelin accroché à son piano en dérive dans un bar de la citadelle de Calvi une nuit d'été:
" ces petits culs voluptueux
qui vous attrapent par les yeux
pour mieux vous passer les menottes."
"Ma clé, je vous prie! " assène, glacial, le mari, dont la sécheresse sonne comme un aveu de résignation, geôlier sans illusions de la belle salope. Beaucoup de femmes mariées apparaissaient décidément à l'Homme comme des hétaïres légales qui exerçaient leur douteux commerce sous la double onction hypocrite et complice du Code civil et de l'Evangile.
Plus troublé par la sulfureuse apparition qu'il n'eût bien voulu l'admettre, il se met à arpenter lentement la pièce qui fleure bon la cire et la lavande, avec la nonchalante langueur de ceux dont l'élégance est intérieure et cette démarche assurée qui trahit la quarantaine bien intégrée.
Ses longs doigts aux ongles soignés épousent maintenant avec reconnaissance les courbes du petit autel bénédictin acquis l'an passé par le propriétaire des lieux à la brocante de l'Isle-sur-la Sorgue et qui baigne désormais dans le clair obscur profane du salon. Il éprouve une tendresse particulière pour la dévotion absolue avec laquelle l'artiste a affublé la sobre statue de noyer polychrome de ce Saint Eloi aux yeux vides d'un panthéon de colonnes torses ouvragées surmontées de pompeux pilastres corinthiens.
Comment une religion fondée à l'origine sur le dépouillement, le renoncement et l'illumination mystique dictés par le désert dont elle était issue avait-elle pu à ce point perdre son âme dans une débauche tarabiscotée d'ornements, de dorures et de décorum somptuaire, clone caricatural du paganisme qu'elle était censée combattre ? Comment ces 10 commandements limpides, se concevant bien car s'énonçant clairement, avaient-ils pu se pervertir dans des milliers de textes, d'exégèses, de bulles pontificales, de gloses contradictoires sous la plume de clercs orgueilleux et de docteurs en droit canon, véritables technocrates de la spiritualité qui avaient eu l'indécence de substituer leur cerveau à leur coeur, tentant vainement d'enchaîner par l'intellect ce qui eut dû s'envoler par l'esprit ? Il ne pouvait s'empêcher de ressentir un sourd malaise face à ce qui lui apparaissait d'évidence comme un gigantesque complot des médiocres cherchant à noyer le poisson de la simplicité révélée et à manipuler des masses dévotes au profit de stricts intérêts temporels.
Cette pensée le ramène vers le bureau. Il s'y assied, respire profondément, effleure délicatement le clavier de son ordinateur, fidèle compagnon de veille, fixe l'écran bleuté sur lequel s'affichent en scintillant les derniers mots saisis quelques instants auparavant et se laisse à nouveau emporter par l'ivresse de l'écriture.
Les mots se donnent sous ses doigts gourmands. Le droit au repentir qu'autorise un logiciel de traitement de texte le fascine et le terrifie à la fois. Fascination pour ce cadeau qui lui est offert de peaufiner, de ciseler, d'épurer sa pensée en temps réel, sans effort. Terreur pour la fugacité d'existence de ces phrases qui se créent, s'attouchent, s'entrelacent et se séparent en une ronde folle, constructions éphémères dont l'existence est suspendue à la seule pression d'un index ingrat sur la touche "Effacer", aussitôt remplacées par des successeurs triomphants au destin tout aussi incertain...
Dong!
Une heure du matin! Cela fait déjà près d'une heure qu'il se livre à ce cyber-échange. Il s'en trouve épuisé.
Le doigt est gourd, le cerveau vrillé. Il réalise que ce dialogue obsessionnel avec une machine ne supportant que des commandes et des instructions précises, au fur et à mesure de l'adoption de logiciels plus gourmands et sophistiqués, l'amène à un niveau d'exigence toujours plus haut. Cette inter activité sollicite ses neurones de façon croissante. Stimulante au début, elle se révèle de plus en plus contraignante et une osmose perverse s'opère petit à petit entre le robot et lui. Assimilation totale entre son cerveau et un disque dur, plus ou moins engorgé; entre ses souvenirs et des fichiers, plus ou moins accessibles; entre son corps même, disque-mémoire périphérique dont les émotions stockées réapparaissent au gré de sollicitations des cinq sens.
Se sentant lui-même saturé d'informations parasites, il se prend de sympathie soudaine pour tous ses contemporains soumis aux risques de surchauffe cérébrale dans cette surenchère échangiste avec l'ordinateur, et à leur conséquence ultime, non pas un banal court-circuit, mais une dépression nerveuse sans appel.
Sans compter les avatars schizophrènes des "screen-agers", ces adolescents se projetant jusqu'à la fusion-absorption dans l'univers virtuel des nouveaux jeux d'arcade.
Besoin d'images, de sons, désoeuvrement...
Sa main tâtonne, se saisit avidement de la clé des songes en conserve, petite télécommande ergonomique de polycarbonate anthracite. Un deuxième écran, en 16/9 celui-là, bleuit au salon, fenêtre hypnotique vomissant par satellite à jet continu son concentré instantané d'humanité, parfois grave, souvent absurde, toujours inachevé.
ZAP!
Embouteillages monstres aux issues de la quasi-totalité des métropoles occidentales. Ce flux croissant d' échanges autoroutiers qui a réellement assuré la prospérité de la civilisation contemporaine par son transfert de savoir-faire, de valeur ajoutée et de marchés lui apparaît tout à coup comme une lente condamnation à mort si aucune mesure sérieuse n'est prise. Il voit dans ces véhicules filant sur les voies expresses des globules rouges charriant l'oxygène des poumons aux membres et aux organes, facteurs de vitalité. Puis bloqués dans les embouteillages, chargés d'acide lactique, comme autant de vecteurs de nécrose, asphyxiant ceux-là même qu'ils étaient venus nourrir.
ZAP!
Fraîchement élu, un leader politique interchangeable, pléonasme révélateur, clone aseptisé d'une énarchie conquérante, félicite mollement les téléspectateurs de la justesse de leur choix, tandis que son regard trahit la passion immodérée du pouvoir et l'aptitude à toutes les compromissions pour le conserver. Dents blanches et incisives aiguisées. Le décalage entre ce théâtre d'ombres à la Platon qu'est devenu le Palais-Bourbon, aveuglé d'intrigues florentines et partisanes et les attentes de ses concitoyens lui apparaît tout à coup à ce point abyssal qu'il confine au sublime. Tandis que, sur le plateau, l'impétrant annône une réponse préfabriquée en réponse à la question téléguidée d'une journaliste aux ordres, il réalise que l'électeur pénétrant dans un isoloir ne lui est jamais apparu à ce point comme "un crocodile entrant dans une maroquinerie" selon le mot du regretté Coluche.
Fatigué de cette lucidité qui lui fait dorénavant décoder systématiquement les non-dits et les sous-entendus, il étreint au hasard la télécommande salvatrice.
ZAP!
Un soap-opéra américain met en scène une blonde peroxydée et permanentée, morphée au silicone, étreignant en geignant la photo d'un acteur au sourire stéréotypé de l'Actoria Studio. Dents blanches et jeu convenu.
"Je t'aime!" sanglote-t-elle. "Aime-moi" traduit-il en pensée.
"Tu me plais!" susurre-t-elle. "L'image que tu me renvoies de moi gratifie mon ego" corrige-t-il en lui-même.
Le malentendu a décidément la vie dure. Trop, c'est trop.
ZAP! ZAP! ZAP!
Télé-achats au consumérisme boulimique, sitcoms tiédasses, compétitions sportives abrutissantes, talk-show névrotiques, jeux débilitants, séries B amorties 20 fois , publicités désobligeantes pour incontinents . Dents blanches et cerveaux lents, terrorisme de la forme au détriment du fond, victoire déloyale du paraître sur l'être...
Il craque, actionne rageusement le bouton rouge. Aliénation, abrutissement, hypnose, panem et circenses. Le téléspectateur approuve, oublie, se grise, zappe, grisé par ce pouvoir illusoire de choisir dont il s'imagine investi par la grâce de sa télécommande. Pour mieux tomber un peu plus loin, victime consentante, dans les rets d'avides manipulateurs un peu plus malins. Communiant avec enthousiasme à la grand-messe collective du JT de 20 heures, le télé-addict pose lui-même la tête sur le billot cathodique. Sous le bombardement neutronique continu des canons à particules sur son écran, les ondes de son cerveau entrent en phase téta, neutralisent ses filtres critiques et le font consommer sans distinction éveil et manipulations, vérités et mensonges, vacances de rêve et presse-purée électromagnétique, conscience et abrutissement en une soupe épaisse et indigeste qu'il lape à grandes gorgées gourmandes.
STOP! VITE!
Fissshhhhhhhhh. L'écran s'illumine d'un big-bang chuinté puis s'éteint.
La comparaison entre ces deux écrans bleus scintillants qu'il vient de consulter à tour de rôle le fascine. Écran d'ordinateur sur lequel il se promenait il y a encore un instant sur Internet et téléviseur qu'il vient de consommer jusqu'à satiété. A la fois si semblables et si différents. L'un, interactif, exigeant mais rigoureux lui permet de chercher à son rythme l'information dans la grande bibliothèque du monde en stimulant sa curiosité et son sens critique. L'autre dégorge de façon saccadée des flots d'informations congelées, prédigérées et effleure l'écume du réel avec l'indéniable pouvoir de séduction que confère l'image en mouvement.
Il se surprend à se demander lequel des deux outils serait absorbé par l'autre, à la suite de l'imminente fusion technologique qu'annoncent les hommes de marketing en se pourléchant à l'avance des perspectives financières qu'offrira le renouvellement de ce parc de matériel. Il craint à la vérité que la logique anesthésiante de l'étrange lucarne ne l'emporte dans un combat qui lui semble perdu d'avance. Les services Internet ayant déjà préfiguré la chronique d'une mort annoncée en bâillonnant cet exceptionnel outil de liberté ouvert sur le monde, pour enfermer l'internaute dans le choix préfabriqué et restrictif d'une galerie marchande de quartier.
Il ne peut s'empêcher d'y percevoir le sadisme d'enfants ayant offert la liberté à de somptueux papillons de nuit, ténébreux et nobles, avant d'allumer des projecteurs sur la traîtresse incandescence desquels viennent rôtir les chevaliers nocturnes, transformés en dérisoires phalènes affolées et fébriles.
Calme, silence, entrecoupé de temps à autre à travers les persiennes du chant du vent dans les platanes.
Il saisit délicatement sur l'étagère une lampe à huile ronde et plate, la remplit lentement de pétrole coloré d'un jaune ambré, y introduit une courte mèche de cristal. Il en approche son zipo de cuivre, actionne la molette d'un claquement sec et la petite flamme bondit joyeusement, chantante, gazouillante, avec cette malice mordorée qui a toujours empli le coeur de l'homme de nostalgie depuis la nuit des temps. Il éteint la lumière.
" Quelle plus syntonie avec le silence qu'une flamme ? " se demande-t-il.
"Prométhée des temps modernes qui a inventé la fée électricité, en croyant s'affranchir du rythme des journées solaires qui l'aliénaient, l'homme n'a-t-il d'ailleurs pas signé lui-même sa longue descente aux enfers en abandonnant les cycles circadiens qui le régulaient et en y trouvant prétexte à travailler et se divertir nuit et jour ? Et le progrès technologique censé le libérer ne l'asservirait-il pas ainsi davantage?"
Sur ces sourdes interrogations, il s'assoupit tandis que les éclats dansants de la flamme caressent tendrement d'ombres mouvantes les reliefs de son visage buriné, le teintant de cuivre et d'or en fusion.
vendredi 22 décembre 2006
Un film indispensable à voir sans tarder: "une vérité qui dérange"
Allez voir sans tarder un film in-dis-pen-sable :” Une vérité qui dérange “, actuellement sur les écrans.
Au-delà du côté inévitablement auto-promotionnel du narrateur - l’ancien concurrent de George Bush à la candidature de la Présidence des Etats-Unis, peut-être pas sans arrière-pensée politique - ce documentaire didactique a le mérite de mettre enfin clairement en perspective l’état des connaissances scientifiques indiscutables sur le réchauffement de la planète, leurs conséquences prévisibles à court et moyen terme et suggère des pistes pour éviter ces dernières.
Tout le reste de l’actualité vous apparaitra probablement singulièrement dérisoire...
S’il n’y a qu’une information à acquérir aujourd’hui, c’est celle-ci. Courrez-y vite avant que les distributeurs ne retirent le film des salles !
... Ou cliquez tout de suite sur le lien suivant pour en savoir plus http://www.criseclimatique.fr
« Ce film lève les derniers doutes : les changements climatiques globaux mettent l’humanité au pied du mur ». Nicolas Hulot
« C’est le premier film catastrophe dont les responsables et les victimes sont dans la salle ». Yann Arthus Bertrand
« L’ancien Vice-Président des Etats-Unis déclenche le compte à rebours d’un désastre annoncé.Terrifiant ». Le Nouvel Observateur
SYNOPSIS
L’humanité est assise sur une bombe à retardement.Les savants du monde entier s’accordent pour dire qu’il
nous reste à peine dix ans pour éviter une catastrophe planétaire – un dérèglement majeur du système climatique qui entraî-
nerait des perturbations météorologiques extrêmes, des inondations, de longues périodes de sécheresse, des vagues de
chaleur meurtrières.Cette catastrophe d’une ampleur sans précédent,nous en serions les premiers responsables ;nous seuls
pouvons encore l’éviter. Plutôt que de sonner le tocsin de l’apocalypse ou de céder à la délectation morose, UNE VÉRITÉ
QUI DÉRANGE a choisi d’illustrer et relayer l’action et le combat passionné d’un homme, l’ancien Vice-président Al Gore
qui, depuis cinq ans, sillonne les États-Unis pour persuader ses concitoyens de l’urgente nécessité de réagir à cette crise.
Au-delà du côté inévitablement auto-promotionnel du narrateur - l’ancien concurrent de George Bush à la candidature de la Présidence des Etats-Unis, peut-être pas sans arrière-pensée politique - ce documentaire didactique a le mérite de mettre enfin clairement en perspective l’état des connaissances scientifiques indiscutables sur le réchauffement de la planète, leurs conséquences prévisibles à court et moyen terme et suggère des pistes pour éviter ces dernières.
Tout le reste de l’actualité vous apparaitra probablement singulièrement dérisoire...
S’il n’y a qu’une information à acquérir aujourd’hui, c’est celle-ci. Courrez-y vite avant que les distributeurs ne retirent le film des salles !
... Ou cliquez tout de suite sur le lien suivant pour en savoir plus http://www.criseclimatique.fr
« Ce film lève les derniers doutes : les changements climatiques globaux mettent l’humanité au pied du mur ». Nicolas Hulot
« C’est le premier film catastrophe dont les responsables et les victimes sont dans la salle ». Yann Arthus Bertrand
« L’ancien Vice-Président des Etats-Unis déclenche le compte à rebours d’un désastre annoncé.Terrifiant ». Le Nouvel Observateur
SYNOPSIS
L’humanité est assise sur une bombe à retardement.Les savants du monde entier s’accordent pour dire qu’il
nous reste à peine dix ans pour éviter une catastrophe planétaire – un dérèglement majeur du système climatique qui entraî-
nerait des perturbations météorologiques extrêmes, des inondations, de longues périodes de sécheresse, des vagues de
chaleur meurtrières.Cette catastrophe d’une ampleur sans précédent,nous en serions les premiers responsables ;nous seuls
pouvons encore l’éviter. Plutôt que de sonner le tocsin de l’apocalypse ou de céder à la délectation morose, UNE VÉRITÉ
QUI DÉRANGE a choisi d’illustrer et relayer l’action et le combat passionné d’un homme, l’ancien Vice-président Al Gore
qui, depuis cinq ans, sillonne les États-Unis pour persuader ses concitoyens de l’urgente nécessité de réagir à cette crise.
Libellés :
climat,
écologie,
effet de serre,
environnement,
réchauffement
lundi 18 décembre 2006
Exemple 2 de Dossier de presse: l'hotel Le Beauvallon sur le Golfe de Saint Tropez
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Lancé pendant la saison d’hiver 1913-1914, l'Hôtel Le Beauvallon, palace mythique du Golfe de Saint Tropez, va fêter cette année ses 90 ans. Cet anniversaire propulse sous les feux des projecteurs de l’actualité la plus ancienne unité hôtelière encore en exploitation, d’une région pourtant prodigue en structures réceptives de qualité.
Majestueux vaisseau ancré à l’époque en pleine campagne face à la mer, il a réellement inauguré la longue tradition d’accueil qui se perpétue et se développe année après année sur ces rivages. Il est ainsi l’un des premiers et principaux témoins de la période la plus brillante de la Côte d’Azur, la Belle Epoque, brutalement interrompue par le séisme de la Première Guerre Mondiale.
Symboles architecturaux dédiés au plaisir des sens et de l’art de vivre, ses salons résonnent encore des soirées élégantes, fastueuses et frivoles des fêtes dont raffolait l’aristocratie et la bourgeoisie d’affaires de l’époque.
Dessiné pour l’agrément de ces hivernants mondains au train de vie fastueux qui défrayait la chronique, son parc paysager s’enorgueillissait d’une flore exceptionnelle au milieu de laquelle déambulaient les artistes, peintres et écrivains les plus en vue, dont les œuvres ont décrit toute la recherche esthétique et l'excentricité d’un mode de vie inégalé à ce jour.
Dépositaire de cette tradition de bien-vivre et d’élégance depuis maintenant près d’un siècle, Le Beauvallon assume avec fierté ce statut de précurseur et d’innovateur sur les rivages d’un golfe, qui voyait à l’époque voguer davantage de tartanes de commerce et de pointus de pêcheurs que les yachts effilés de gentlemen plaisanciers.
Animée du souci d’inscrire ce prestigieux paquebot dans la continuité de raffinement et de confort qui ont toujours présidé à sa destinée, son équipe dirigeante entend réaffirmer à l’occasion de cet anniversaire la mise à niveau d’une offre d’exception apte à satisfaire les attentes des clients les plus exigeants.
Depuis plusieurs années, l’Hôtel a notamment entrepris d’impulser une offre qui s’inscrive dans la durée et la régularité, qualités qui avaient cruellement fait défaut avant sa reprise en main par ses actuels propriétaires : l’achèvement d'un important programme de rénovations qui lui a rendu son lustre d'antan, l’arrivée à maturité d’une offre gastronomique talentueuse, la mise en œuvre de Studios Spas privatifs venant permettre de corriger les éventuels et légitimes excès de gourmandise, expriment les savoureuses manifestations de ce renouveau.
Cette politique d’améliorations et d’innovations alliée au prestige dont jouissait déjà l’Hôtel le Beauvallon - eu égard à sa notoriété, la qualité de ses prestations et son emplacement - ont séduit le réseau « Hôtels et Préférence » qui vient de l’honorer de sa toute récente affiliation.
www.hotelspreference.com
La belle dame du Golfe porte décidément bien ses 90 Printemps et les célèbrera dignement tout au long d’une année hautement symbolique.
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Superbe palace Belle Epoque dominant le Golfe de Saint-Tropez, l'hôtel Le Beauvallon déroule depuis l’hiver 1913-1914 le tapis de verdure de ses six hectares de parc aux essences méditerranéennes jusqu'à sa plage privée, face à la célèbre Cité des Corsaires. Cet emplacement exceptionnel a été aménagé dès l'origine avec luxe et raffinement.
Le Tout-Paris de l'époque s'y précipite dès l'ouverture et sa renommée ne s'est jamais tarie depuis. La plupart des grands de ce monde et des artistes y ont séjourné de longues semaines pour en savourer les délices. Scott Fitzgerald, Paul Géraldy, Lady Churchill, Michèle Morgan, Edward Kennedy y avaient leurs habitudes.
Juste récompense d'un souci constant d'améliorations, cette offre d'exception a été distinguée en 1979 par la remise au propriétaire de l'époque du prix "Prestige du Tourisme" délivré par le Secrétariat d'Etat au Tourisme.
En sommeil durant plusieurs années, il est racheté en 1997 par ses propriétaires actuels, séduits par l'espace et la sérénité de cette enclave hors du temps. Un important programme de rénovations mené depuis, a su lui rendre son lustre d'antan. Calme et discret, loin de l'agitation et de la fébrilité tropézienne et pourtant à quelques minutes du port grâce à sa navette privée, il enchante désormais les amateurs d'élégance simple, de sérénité et de luxe raffiné.
L'un des rares palaces de la Côte d'Azur à proposer à la fois un parcours de golf 18 trous contigu, 6 courts de tennis à proximité immédiate, deux bars, deux restaurants, un centre de remise en forme, une plage et un ponton privés, une navette maritime régulière vers le port de Saint Tropez ainsi que deux bateaux de croisière à la journée, Le Beauvallon est un lieu unique, aussi bien dédié aux attentes d'une clientèle chic et décontractée qu'à celles des entreprises recherchant des écrins d'exception pour leurs manifestations.
Il ne manquait plus que la stabilité d'un Chef d'exception pour donner le ton de l'ambition gastronomique du Beauvallon. Entamant sa troisième saison consécutive aux fourneaux du célèbre palace, Jean Michel Belin, l'un des jeunes chefs les plus créatifs et prometteurs de sa génération, a pris ses marques en s’appropriant une cuisine inventive et originale. Formé à l'exigeante école de Christian Willer à Cannes, cet auvergnat inventif a rodé son répertoire international en Californie, à Hawaï, à Barcelone avant de venir revisiter de manière insolite le répertoire provençal en hissant son précédent restaurant "Le Château" à Châteaudouble dans le Haut Var, au niveau d'une incontournable étape gastronomique.
Dans ce cadre exceptionnel de la Baie de Saint Tropez, le restaurant gastronomique Les Colonnades vous invite dorénavant à découvrir des créations culinaires arrivées à maturité: une cuisine contemporaine, des saveurs à dominante méditerranéenne bien qu'influencées par le meilleur de la cuisine internationale.
Jean-Michel Belin trace ainsi durablement le sillon de son talent et a su imposer en trois ans Le Beauvallon dans le cercle étroit des grandes signatures de la haute gastronomie de la Côte d’Azur. Une table incontournable qui s’installe durablement dans le paysage régional et n'a pas fini de faire parler d'elle !
Les éventuels petits excès que pourrait susciter cette escapade gourmande seront facilement corrigés grâce au centre de bien-être que propose désormais l'hôtel: Si le jacuzzi extérieur de 7 mètres, chauffé, installé près de la piscine à débordement du Beach Club et les équipements de remise en forme du fitness center ne suffisent pas, trois studios spas privatifs sont dorénavant proposés à la clientèle qui peut ainsi profiter en toute intimité d'une gamme étendue de massage, traitements thérapeuthiques et soins de beauté: les bénéfices de la douche à jets et à vapeur et de la baignoire à remous (semi-extérieure) seront décuplés par la mise à disposition d'une ligne exclusive de produits marins et de sels de bains minéraux volcaniques japonais.
Pour affirmer cette reconquête des heures brillantes de la Riviera dont l’hôtel fut un précurseur et un témoin unique, Le Beauvallon fêtera dignement ses 90 ans tout au long de l’année pour redonner vie aux fastes inspirés de Gatsby Le Magnifique dont les rires et les accents de swing résonnent encore dans les salons. Comment ?
Patience … vous en serez les premiers avertis !
Lancé pendant la saison d’hiver 1913-1914, l'Hôtel Le Beauvallon, palace mythique du Golfe de Saint Tropez, va fêter cette année ses 90 ans. Cet anniversaire propulse sous les feux des projecteurs de l’actualité la plus ancienne unité hôtelière encore en exploitation, d’une région pourtant prodigue en structures réceptives de qualité.
Majestueux vaisseau ancré à l’époque en pleine campagne face à la mer, il a réellement inauguré la longue tradition d’accueil qui se perpétue et se développe année après année sur ces rivages. Il est ainsi l’un des premiers et principaux témoins de la période la plus brillante de la Côte d’Azur, la Belle Epoque, brutalement interrompue par le séisme de la Première Guerre Mondiale.
Symboles architecturaux dédiés au plaisir des sens et de l’art de vivre, ses salons résonnent encore des soirées élégantes, fastueuses et frivoles des fêtes dont raffolait l’aristocratie et la bourgeoisie d’affaires de l’époque.
Dessiné pour l’agrément de ces hivernants mondains au train de vie fastueux qui défrayait la chronique, son parc paysager s’enorgueillissait d’une flore exceptionnelle au milieu de laquelle déambulaient les artistes, peintres et écrivains les plus en vue, dont les œuvres ont décrit toute la recherche esthétique et l'excentricité d’un mode de vie inégalé à ce jour.
Dépositaire de cette tradition de bien-vivre et d’élégance depuis maintenant près d’un siècle, Le Beauvallon assume avec fierté ce statut de précurseur et d’innovateur sur les rivages d’un golfe, qui voyait à l’époque voguer davantage de tartanes de commerce et de pointus de pêcheurs que les yachts effilés de gentlemen plaisanciers.
Animée du souci d’inscrire ce prestigieux paquebot dans la continuité de raffinement et de confort qui ont toujours présidé à sa destinée, son équipe dirigeante entend réaffirmer à l’occasion de cet anniversaire la mise à niveau d’une offre d’exception apte à satisfaire les attentes des clients les plus exigeants.
Depuis plusieurs années, l’Hôtel a notamment entrepris d’impulser une offre qui s’inscrive dans la durée et la régularité, qualités qui avaient cruellement fait défaut avant sa reprise en main par ses actuels propriétaires : l’achèvement d'un important programme de rénovations qui lui a rendu son lustre d'antan, l’arrivée à maturité d’une offre gastronomique talentueuse, la mise en œuvre de Studios Spas privatifs venant permettre de corriger les éventuels et légitimes excès de gourmandise, expriment les savoureuses manifestations de ce renouveau.
Cette politique d’améliorations et d’innovations alliée au prestige dont jouissait déjà l’Hôtel le Beauvallon - eu égard à sa notoriété, la qualité de ses prestations et son emplacement - ont séduit le réseau « Hôtels et Préférence » qui vient de l’honorer de sa toute récente affiliation.
www.hotelspreference.com
La belle dame du Golfe porte décidément bien ses 90 Printemps et les célèbrera dignement tout au long d’une année hautement symbolique.
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Superbe palace Belle Epoque dominant le Golfe de Saint-Tropez, l'hôtel Le Beauvallon déroule depuis l’hiver 1913-1914 le tapis de verdure de ses six hectares de parc aux essences méditerranéennes jusqu'à sa plage privée, face à la célèbre Cité des Corsaires. Cet emplacement exceptionnel a été aménagé dès l'origine avec luxe et raffinement.
Le Tout-Paris de l'époque s'y précipite dès l'ouverture et sa renommée ne s'est jamais tarie depuis. La plupart des grands de ce monde et des artistes y ont séjourné de longues semaines pour en savourer les délices. Scott Fitzgerald, Paul Géraldy, Lady Churchill, Michèle Morgan, Edward Kennedy y avaient leurs habitudes.
Juste récompense d'un souci constant d'améliorations, cette offre d'exception a été distinguée en 1979 par la remise au propriétaire de l'époque du prix "Prestige du Tourisme" délivré par le Secrétariat d'Etat au Tourisme.
En sommeil durant plusieurs années, il est racheté en 1997 par ses propriétaires actuels, séduits par l'espace et la sérénité de cette enclave hors du temps. Un important programme de rénovations mené depuis, a su lui rendre son lustre d'antan. Calme et discret, loin de l'agitation et de la fébrilité tropézienne et pourtant à quelques minutes du port grâce à sa navette privée, il enchante désormais les amateurs d'élégance simple, de sérénité et de luxe raffiné.
L'un des rares palaces de la Côte d'Azur à proposer à la fois un parcours de golf 18 trous contigu, 6 courts de tennis à proximité immédiate, deux bars, deux restaurants, un centre de remise en forme, une plage et un ponton privés, une navette maritime régulière vers le port de Saint Tropez ainsi que deux bateaux de croisière à la journée, Le Beauvallon est un lieu unique, aussi bien dédié aux attentes d'une clientèle chic et décontractée qu'à celles des entreprises recherchant des écrins d'exception pour leurs manifestations.
Il ne manquait plus que la stabilité d'un Chef d'exception pour donner le ton de l'ambition gastronomique du Beauvallon. Entamant sa troisième saison consécutive aux fourneaux du célèbre palace, Jean Michel Belin, l'un des jeunes chefs les plus créatifs et prometteurs de sa génération, a pris ses marques en s’appropriant une cuisine inventive et originale. Formé à l'exigeante école de Christian Willer à Cannes, cet auvergnat inventif a rodé son répertoire international en Californie, à Hawaï, à Barcelone avant de venir revisiter de manière insolite le répertoire provençal en hissant son précédent restaurant "Le Château" à Châteaudouble dans le Haut Var, au niveau d'une incontournable étape gastronomique.
Dans ce cadre exceptionnel de la Baie de Saint Tropez, le restaurant gastronomique Les Colonnades vous invite dorénavant à découvrir des créations culinaires arrivées à maturité: une cuisine contemporaine, des saveurs à dominante méditerranéenne bien qu'influencées par le meilleur de la cuisine internationale.
Jean-Michel Belin trace ainsi durablement le sillon de son talent et a su imposer en trois ans Le Beauvallon dans le cercle étroit des grandes signatures de la haute gastronomie de la Côte d’Azur. Une table incontournable qui s’installe durablement dans le paysage régional et n'a pas fini de faire parler d'elle !
Les éventuels petits excès que pourrait susciter cette escapade gourmande seront facilement corrigés grâce au centre de bien-être que propose désormais l'hôtel: Si le jacuzzi extérieur de 7 mètres, chauffé, installé près de la piscine à débordement du Beach Club et les équipements de remise en forme du fitness center ne suffisent pas, trois studios spas privatifs sont dorénavant proposés à la clientèle qui peut ainsi profiter en toute intimité d'une gamme étendue de massage, traitements thérapeuthiques et soins de beauté: les bénéfices de la douche à jets et à vapeur et de la baignoire à remous (semi-extérieure) seront décuplés par la mise à disposition d'une ligne exclusive de produits marins et de sels de bains minéraux volcaniques japonais.
Pour affirmer cette reconquête des heures brillantes de la Riviera dont l’hôtel fut un précurseur et un témoin unique, Le Beauvallon fêtera dignement ses 90 ans tout au long de l’année pour redonner vie aux fastes inspirés de Gatsby Le Magnifique dont les rires et les accents de swing résonnent encore dans les salons. Comment ?
Patience … vous en serez les premiers avertis !
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lundi 11 décembre 2006
Exemple 1 de dossier presse: le restaurant JOUNI à Nice
Depuis Janvier , « Jouni, atelier du goût » se met en quatre !
A peine auréolé de sa première étoile obtenue au millésime 2006 du Guide Rouge, le jeune chef prodige venu du froid crée l’événement niçois en ouvrant l’année 2007 en fanfare !
En ce nouvel an prometteur, le petit Prince de Nice vient de réveiller la belle endormie la plus mythique de la capitale azuréenne, la Réserve. Cet établissement ancré à l’entrée du Port Lympia , face à l’une des plus belles perspectives de la ville et qui avait connu son heure de gloire avant-guerre se languissait depuis une cinquantaine d’années dans une douce torpeur.
A la demande des principaux copropriétaires des murs désireux de lui rendre son lustre d’antan, le talentueux finlandais récemment honoré par Alain Ducasse dans l’opération Food / Fou de France au Plaza Athénée à Paris, met en musique les lieux sur un accord majeur pour nous étonner encore davantage : il invente ici la fusion révolutionnaire de 4 concepts distincts et complémentaires qui n’ont pas fini de faire parler d’eux.
Qui a osé affirmer qu’il n’y avait rien de nouveau sous le soleil ?
JOUNI, LE CHEF PRODIGE VENU DU FROID
Il était une fois Jouni Tormanen, un jeune finlandais né le 5 Mars 1971 à quelques encablures du cercle polaire. Dans ces contrées glaciales où, le tiers de l’année, un soleil palôt n’apparaît que 3 heures par jour au dessus de l’horizon, la vie familiale s’organise autour du foyer. Les madeleines de Proust du petit garçon sont les pâtes à brioches dorées et le pain perdu croustillant des longues soirées d’hiver. Il s’initie à une cuisine de simplicité au côté d’une mère qui n’a jamais connu de restaurants et cultive ses propres légumes et il la secondera jusqu’à son adolescence.
Un jour, en lieu et place d’un cours à l’Ecole Hôtelière d’Helsinki, un professeur paresseux lance une cassette vidéo de Paul Bocuse officiant dans ses vignobles et à ses fourneaux. C’est le choc. Ce sera la France ou rien.
Découvrant Nice à l’occasion des vacances de Pâques, il décide de s’installer sur la Côte d’Azur dès la fin de ses études, et y débarque à l’été 1993 le lendemain même de l’obtention de son diplôme.
Les influences d’un destin prometteur
Sa première réelle émotion culinaire est la découverte des pâtes au pistou à l’ancienne préparées par la famille italienne du restaurant monégasque « Il Novecento », la copie du Maxim’s de Paris installée dans la galerie du Métropole. Il se fait embaucher par ce couple âgé qui lui apprendra le culte du bon produit et une cuisine du goût de l’authentique dont il ne se départira plus.
Il choisit ensuite d’entamer sa tournée des Grand-Ducs et de se former à l’école des plus grands. A « La bonne auberge » d’Antibes, où flottent toujours l’esprit et l’âme du père fondateur, Philippe Rostang lui confie ses premières responsabilités et il commence l’apprentissage de l’autonomie.
Avide d’apprendre au côté des meilleurs, il rejoint ensuite Le Stanc au Négresco qui décèle le talent gastronomique naissant et, après un apprentissage au garde-manger en cuisine froide, le forme rapidement à tous les postes au sein de la brigade.
Il expérimente le début de l’ère Alain Llorca, y puise avec ardeur les compléments d’une approche radicalement différente et, nourri de ces travaux pratiques à la source de la passion, propose ses services à Alain Ducasse.
Celui-ci l’engage à Paris, au sein de l’ex-restaurant de Robuchon, avenue Poincaré. Il y apprend dans l’effort d’un rythme quasi-militaire le travail d’équipe au service de la grande gastronomie du classique français. Une expérience physiquement éprouvante
dont il sort formé à l’école exigeante d’une cuisine carrée, pointue, au perfectionnisme poussé à l’extrême dans tous les détails : taille, cuisson, mise en place, il y acquiert la mesure du millimètre.
L’estimant prêt à se frotter à une autre école, Ducasse le confie à Franck Cerutti au Louis XV à Monaco. Il y retrouve ses émotions initiales d’un fondamental italianisant. Une cuisine naturelle, « comme à la maison », le respect du produit simple, non surchargé de sauces et d’épices, sans complication, servi par une juste cuisson. Il y épouse la passion du maître des lieux pour les petits produits du marché et la pêche locale du matin.
Décidemment touché par la grâce de la cuisine méditerranéenne, il décline ensuite l’offre d’une place au Spoon qui va se lancer à Tokyo et il part se former avec curiosité à la cuisine sophistiquée et déstructurée du chef Ferran Adria chez El Bulli en Espagne.
Il s’estime alors suffisamment imprégné des techniques des grands à l’issue de ce circuit, revient à Nice, la ville de ses premières émotions dont le souvenir ne l’a jamais quitté et s’installe enfin à son compte. Il ouvre en Août 2002 « Jouni, atelier du goût » au 10 rue Lascaris, avec l’aide de son associé et mentor , le Piémontais Giuseppe Serena, professionnel confirmé de la gestion hôtelière, gourmet exigeant et grand découvreur de talent.
Le parcours personnel
Il rêve bien sûr de métisser toutes ces expériences, de les fondre et d’en extraire le meilleur, autour des composants fondamentaux de la cuisine niçoise dont Le Stanc reste à ses yeux le modèle.
Dans la cuisine de poche de son nouvel établissement, il peaufine son travail et mûrit son tour de main. Le public niçois commence à se transmettre avec gourmandise sur le ton de la confidentialité l’adresse de cette improbable ruelle derrière le port. Il se murmure entre initiés qu’un jeune scandinave inattendu y célèbre le produit en toute simplicité sans en dénaturer le goût, réinvente la pureté des simples que l’on avait fini par oublier et célèbre le mariage efficace de l’assiette et de l’esthétique. Un livre d’or informel gribouillé sur les cartes dans l’enthousiasme y célèbre « une cuisine du cœur, de l’âme et de la sincérité ».
Les critiques locaux le dénichent rapidement, les régionaux s’y essaient par curiosité et les nationaux l’encensent à tour de rôle. Jacques Gantié de Nice Matin décèle « simplicité, rigueur du produit, sens du marché, goût de l'authentique » ; François Simon du Figaro s’extasie d’ « un flot de surprise et de bonheur » et Gilles Pudlowski célèbre ce « Sud des saveurs nettes et pures ».
Jusqu’à la consécration du macaron au Michelin au début de l’année.
Toujours émerveillé de la juste cuisson, et sans renier le simple mariage de deux-trois goûts maximum, Jouni se sent alors un peu « emprisonné par le seul esprit niçois-italien » et aimerait s’ouvrir à d’autres cuisines. Célébrer encore la sardine, l’anchois, le petit farci et les pâtes au pistou, imposer sa légendaire cuisine de l’instant qui ne fasse pas attendre le client plus de 5 minutes, mais affiner, améliorer, perfectionner encore davantage cette Méditerranée qu’il affectionne.
Désormais à l’étroit dans ce petit restaurant de la rue Lascaris, où il a patiemment grimpé les marches d’un purgatoire exigu, il rêvait d’un espace emblématique où pouvoir exprimer son talent. L’ère de la réalisation se profile.
De fidèles clients de la première heure, les principaux copropriétaires de l’immeuble de « La Réserve », l’un des hauts lieux de la restauration niçoise avant-guerre, rêvaient de rendre au bâtiment sa gloire d’antan. La reconnaissance professionnelle du Guide Michelin évacue leurs dernières réticences et ils lui proposent de le faire revivre.
Derrière le regard bleu pâle rieur de ce chef aux traits d’ éternel adolescent se cache toujours bien sûr cette immense sensibilité. Cette marque de fabrique qui lui a permis de trouver le ton juste au long d’un parcours sans faute à ce jour et d’entrer en résonance avec son public.
Mais le jeune homme a mûri, s’est rassuré sur son savoir-faire et son savoir-être et envisage aujourd’hui avec sérénité la phase deux d’une trajectoire prometteuse.
« Il était une fois un jeune finlandais … ». Le conte de fées se poursuit.
Suivons bien le deuxième chapitre, il nous emmènera au pays des rêves gourmands.
LA RESERVE DE NICE, LE CHATEAU DE LA BELLE AU BOIS DORMANT
Telle une sentinelle veillant sur l’entrée du Port de Nice, la Réserve, comme la beauté, règne de droit divin. La magie de son emplacement, ancré sur son éperon rocheux face au large est à elle seule une invitation au voyage. Caressé par la douceur des flots indigo l’été, fouetté par les vagues qui lui donnent parfois un air de petit rocher de la vierge à Biarritz l’hiver, il est le lieu de tous les enchantements où l’on s’abandonne à suivre des yeux le ballet des navires illuminés et où l’on devine la perspective inoubliable de la Baie des Anges au loin. Ses concepteurs ne s’y étaient pas trompé qui y avaient édifié dès 1876 un établissement luxueux, « l’hôtel-restaurant de La Réserve », équipé d’un vivier privé qui lui valut son nom de baptême.
La reconstitution d’une fausse goélette sur le petit rocher d’Aubray attenant, où les élégantes en crinoline aimaient à prendre le thé tandis que la brise du large faisait voleter leurs voilettes lui donnera cette silhouette caractéristique qui traversera les décennies et le fera se prêter à l’objectif des amateurs de cartes postales.
Acheté en 1945 par un groupe d’industriels, le bâtiment originel avec son belvédère à l’italienne, sa rotonde et sa terrasse, devait être totalement transformé pour donner la réplique niçoise aux stations estivales en pleine expansion de Monaco, Juan-les-pins et Cannes.
Rebaptisé « Roc-Beach », il accueillit piscine à eau libre, solarium, plongeoir, dining board et chutes d’eau. Le projet prévoyait de nouvelles cabines de bains, une terrasse-piste en plein air et un casino des jeux, mais le refus d’autorisation du Ministre de l’Intérieur de l’époque, malgré l’avis favorable de la Ville de Nice, brisa définitivement le rêve balnéaire de ce complexe.
Transformé en copropriété pour le plaisir exclusif de quelques « happy-few », il a depuis près de cinquante ans nourri les regrets des plus anciens, frappé l’imaginaire des plus jeunes et attisé la convoitise des plus avides…
C’est ce « resort » avant la lettre dont les principaux co-propriétaires actuels ont remis une partie des clés au tandem complice Jouni-Giuseppe.
Quel plus beau lieu ces derniers pouvaient-ils rêver pour être en phase avec cette Méditerranée dont ils se sont fait les chantres en leurs assiettes ?
Le cahier des charges est simple : « rendez-lui la vie qu’il mérite ! »
Le projet, ambitieux mais réaliste est rapidement ficelé car longtemps rêvé par tous les protagonistes.
La confiance est totale : les co-propriétaires des murs prendront un charge la majeure partie des investissements.
Ce navire de pierre qui semble vouloir s’arracher au rivage pour cingler vers le large s’avère une prodigieuse source d’inspiration. Accrochons nos ceintures : cela va décoiffer dans les mâtures…
LE CONCEPT
Pour le plaisir de ses passagers du vent, « Jouni, atelier du goût » va réellement se mettre en quatre !
Dorénavant appuyé de deux chefs exécutifs, Jouni va enfin pouvoir prendre du recul, et, soulagé de la pression de l’instant, se consacrer à approfondir son travail d’innovation, de recherche et d’amélioration au service du produit.
En salle, il sera enfin secondé dans cette tâche par un responsable de la restauration, professionnel de haut niveau, Benoit Peeters, un ancien de chez Ducasse lui aussi, le chef le plus étoilé au monde s’avérant décidément un vivier de talents.
1- « Jouni, atelier du goût » : la leçon de piano
La passerelle du vaisseau-amiral située au premier étage sera naturellement « Jouni, atelier du goût «.
Toutes les recettes qui ont fait le succès du petit bistrot familial de la rue Lascaris y seront exploitées et approfondies.
Le produit y sera toujours mis en valeur dans son naturel et sa simplicité. La recherche du goût y sera simplement davantage élaborée dans une optique plus classique et plus recherchée.
Cette démarche s’exprimera dorénavant à travers une seule carte et un menu dégustation.
Jouni y sera secondé par un chef exécutif, Xavier Burelle, ancien second de Michel del Burgo au restaurant « Chanteclerc » de l’Hôtel Negresco et du « Joël Robuchon Monte Carlo » à l’Hôtel Métropole après avoir fait ses armes à Paris au « restaurant Alain Ducasse »*** du Plaza Athénée et au « Cinq » ** de l’Hôtel Georges V. Il apportera sa touche classique, tempérée à la fois de simplicité et de clarté, pour une cuisine sans complication fidèle à la ligne directrice de Jouni.
La montée en charge sera progressive autour d’une salle d’une quarantaine de places pour conserver intact l’esprit intimiste de « l’atelier ». Le ticket moyen devrait se situer aux alentours de 100 €, hors boissons.
Il devrait ouvrir en Janvier 2007.
2- Jouni, la Réserve de Nice
Cette salle qui prend ses carrés au rez-de-chaussée se positionnera à peu près au niveau des prestations de l’atelier actuel de la rue Lascaris. A la différence près d’un parti-pris résolument plus décontracté. Jouni se libérera ici de la rigueur de l’atelier, et s’amusera enfin au bénéfice d’une cuisine plus libérée, inventive et inspirée, s’autorisant ici et là quelques folies.
La Réserve proposera une carte de viandes, une autre de poissons et une troisième végétarienne, en autorisant des croisements entre elles.
Le chef des cuisines sera ici secondé par un chef exécutif, Sébastien Mahuet, ancien second d’Olivier Streif au Vista Palace de Roquebrune-Cap-Martin après s’être perfectionné à « La chèvre d’or » ** d’Eze Village, à » La Bastide Saint Antoine » ** de Jacques Chibois à Grasse, puis au Bistrot des Viviers de Nice. Jeune et évolutif, il est là pour mettre en œuvre la nouvelle orientation et s’autoriser quelques licences.
Le ticket moyen devrait se situer aux alentours de la rue Lascaris à l’heure actuelle, soit environ 35/40 euros hors boissons.
Son ouverture est prévue dès Janvier.
3- Le lounge-bar de La Réserve
Installé également au rez de chaussée, il proposera un assortiment de menus-cocktails inédits, petits plats à déguster au bar dans l’esprit des tapas catalanes découvertes par Jouni dans sa période El Bulli et modernisées dans l’esprit actuel.
La formule intégrera de plus de petits concerts de musique live.
Le chef-barman Anthony Checconi étudie actuellement avec soins une carte inédite qui autorisera des « before » ou « after-hours » originaux.
Elevé dans l’atmosphère familiale d’une affaire de bar dès sa plus tendre enfance, c’est tout naturellement qu’après une année de formation aux langues étrangères appliquées à la Faculté des Lettres de Nice, ce fou d’œnologie a choisi la filière anglo-saxonne pour se perfectionner au métier de barman. A Atlanta ( Géorgie) tout d’abord puis au Billesley Manor Hotel de Stattford-upon-Avon en Angleterre et enfin au restaurant de Tower Bridge à Londres. « Pour moi, l’Angleterre est la meilleure école de mixologie au monde, dans la mesure où elle métisse en quelque sorte la grande école italienne d’où sont issus la plupart des barmen de palaces pour une reproduction parfaite des grands classiques et l’école américaine, inventive et créative ».
Après une formation au management hôtelier ( Craft training) et aux règles d’hygiène ( UK Food and Hygiène Training ), il devient le manager du Terminus Restaurant au sein du célèbre 5 étoiles Great Eastern Hotel de Londres. Il y côtoie la jet-set et le monde du cinéma et devient notamment le barman attitré de Hugh Grant et de Dustin Hoffman, « qui me commandait surtout des jus de tomates extrêmement assaisonnés » plaisante-t-il. « Quant à Pierce Brosnan, il ne m’a jamais demandé de Martini Dry ! « ajoute-t-il aussitôt d’un air malicieux.
Au bout de deux ans, rompu aux techniques outre-manche, il revient à ses premières amours et intègre en Mars 2004 en tant que chef barman le Karément au Grimaldi Forum de Monaco.
Son ingrédient préféré ? En dehors naturellement des alcools bruns qui savent « aller chercher la saveur », c’est sans hésiter l’amaretto, peaufiné au contact de sa clientèle italienne. « Il existe des dizaines de façons différentes de le travailler et de le mixer, c’est extraordinaire ! ».
« La culture du bar est encore quasiment un vrai désert en France, elle se limite souvent aux déclinaisons gin-fizz et mojitos », regrette-t-il. « La plupart des grands classiques aux Etats-Unis et en Angleterre existant depuis 20 à 30 ans sont encore presque inconnus ici ». C’est précisément pour cette expérience anglo-saxonne que Jouni l’a choisi. Dans la lignée de l’esprit de découverte de « l’atelier du goût « , le chef scandinave voulait ouvrir le palais de ses convives à de nouvelles saveurs de cocktails. Les classiques français ne seront pas proposés à la carte, mais ils pourront naturellement être faits à la demande. 50% de la gamme cocktails seront des grands classiques étrangers auxquels le public niçois est peu habitué et 50% seront des créations personnelles.
Jouni et Anthony souhaitent surprendre par la nouveauté. Même les classiques seront retravaillés en intégrant des parfums ou des produits nouveaux tout en restant dans l’esprit de la formule initiale.
La carte des alcools est généreuse, digne d’un bar de palace, et offrira près de 70 références, tout en restant évolutive. Elle intégre même certains produits de qualité qui avaient quasiment disparu de la Côte d’Azur, telle la gamme de whisky Dewar’s, qui fut en son temps leader aux USA. « des produits magnifiques, à découvrir sans attendre » se pourlèche Anthony.
Son savoir-faire et son parcours original vont ainsi apporter à La Réserve une opportune dimension internationale.
Il sera naturellement possible de déguster en toute liberté un plat au bar en compagnie de son cocktail ou de son alcool.
4- Le toit-terrasse
Situé au deuxième étage, il accueillera un bar d’été et un sun-roof à la vue imprenable.
Aménagé dans un décor de pont de navire de croisière aux cordages claquant au vent, il donnera enfin vie au projet du célèbre solarium envisagé après-guerre et qui ne devait jamais voir le jour.
Une adresse indispensable sur les rivages niçois qui n’avaient pas connu jusqu’à ce jour l’ambiance de ces terrasses-dunettes dont les marseillais s’enorgueillissent.
CARTE et MENU : l’alternative innovante
« Pourquoi enfermer les convives dans des formules et des menus forcément réducteurs ? « se sont demandé Jouni et Giuseppe. Ce principe somme toute contraignant ne satisfait finalement jamais tout à fait l’amateur, asservi à un choix qui n’eût pas réellement été le sien. Au nom de la sacro-sainte liberté du goût, les deux trublions de la fourchette ont donc décidé de proposer là encore un concept novateur : Tout est proposé à la carte, laquelle change tous les jours selon l’inspiration et le marché. Pour garantir la meilleure fraîcheur de tous les produits, elle demeure donc modifiable selon l'arrivage des marchandises. La provenance des produits, les cuissons, l'accompagnement sont expliqués à la table au moment de la commande. Une sélection d'huiles d'olives est toujours à disposition pour une dégustation personnalisée. Chacun compose donc son repas véritablement « à la carte », choisissant entrées, plats ou desserts selon ses envies .
On retrouvera naturellement toujours les grands classiques qui ont fait la réputation de Jouni. Pour ne citer que quelques exemples :
En entrées: Le risotto à l'encre de seiche, saint Jacques et Langoustines, le Velouté de petits-pois et toast de chèvre frais d'Alain Barbagli, le Riz de Veau, sauce grenobloise aux asperges violettes rôties …
En plats: Le Calamar à la plancha, le Carpaccio de cabillaud et selon arrivage la Pêche de Sanremo à la plancha: petits rougets entiers, gamberoni rouges et gamberetti rouges, calamars…
En desserts : la Tarte aux Chocolats fondants, le Millefeuilles chocolat et Framboises…
Les accommodements varieront simplement selon les restaurants : ainsi le risotto pourra être proposé aux potirons à « La Réserve » et au homard à « l’atelier du goût » ou les fruits de mer avec calamar à « La Réserve » et huîtres à « l’atelier du goût ».
Seul un menu à 100 € sera proposé. Il incluera en fait un choix parmi la carte du jour de deux entrées, deux plats et deux desserts.
Une formule inédite du jour sera également proposée sous la forme d’une grande assiette-plateau à 18 €, sur lequel le chef placera lui-même entrée, plat et dessert selon l’inspiration du jour.
LES DESSERTS : la douceur marine
C’est à Freddy Monier, natif de Tarare dans le Rhône, le fief du bon goût français, que sera confiée la tâche d’ensorceller les palais en jouant les prolongations.
Après une solide formation acquise notamment au « Château de la chèvre d’or « et au « Château du domaine Saint-Martin » à Vence, ce jeune chef-pâtissier de talent devrait exprimer ici son sens de l’innovation et du ton juste.
En collaboration avec le barman, il travaille entre autre à développer une gamme innovante de desserts au cocktail dont un soufflé à la mandarine qui devrait faire sensation…
LES VINS : l’alliance sacrée
Côté sommellerie, l’équipe de Jouni arrive enfin à mâturité car le nouveau restaurant ouvre avec deux professionnels de haut niveau : Yannick Mehat, arrivé l’été dernier, vient d’être rejoint par Patrick Millereau, chef Sommelier de l’Hôtel Negresco depuis 17 ans.
Ayant étoffé l’équipe initiale au début de l’été 2006, Yannick Mehat la complète désormais en apportant son savoir-faire transversal de sommelier à toutes les tables.
Diplômé de l'ESCF Ferrandi de Paris et ayant obtenu la mention complémentaire de Sommelier à l'Ecole de Paris des Métiers de la Table, il a notamment officié au Château de la Chèvre d'Or ** à Eze, à l’Hostellerie Jérôme** chez Bruno Cirino à La Turbie, à La Grande Cascade * à Paris, au City Rhodes * à Londres, au Pré Catelan ** et à La Tour d'Argent ** à Paris.
Avec un tel palmarès, ce conseiller de choix apportera la touche finale dans les alliances subtiles met-vin et viendra avec à-propos compléter un team gagnant désormais totalement structuré .
Chef Sommelier depuis 17 ans de l’Hôtel Negresco, Patrick Millereau aura pour sa part plus particulièrement en charge les achats et « l’atelier du goût ». Ce personnage atypique, réputé dans la profession pour son caractère abrupt et son franc-parler, est entré en sommellerie comme en religion après un véritable choc organoleptique. Un dimanche, dans la maison familiale du Morvan, alors qu’il étrenne ses 9 ans, son grand-père lui propose de descendre avec lui choisir le vin à la cave et lui fait goûter un Auxey-Duresses de 15 ans d’âge. Sa première dégustation ! 10 ans plus tard exactement, il lui fait goûter le même millésime. Patrick est subjugué par son incroyable évolution. Une vocation est née. Il la peaufinera en taillant les vignes durant toute son adolescence et en passant ses journées à découvrir les vignerons et leurs terroirs.
Il conservera ce goût du terrain tout au long de sa carrière, à Villefranche tout d’abord, chez « La mère Germaine », puis au Massoury, chez Pierre Seibt, l’ancien directeur autodidacte de Lasserre, son maître à penser qui lui a appris la rigueur de la mise en place. Il la perpétuera enfin au « restaurant Dominique Le Stanc » à Monaco dont il sera de 85 à 87 le Chef Sommelier et Directeur de salle et qui obtiendra le « clé d’or Gault et Millau » et sa première étoile Michelin . Séduit par cette collaboration, Le Stanc l’emmenera avec lui au Château Eza, autre étoilé, pendant deux ans, puis au Negresco où ils travaillent en binôme durant 18 ans.
« Je n’achète aucun vin sans savoir ce que j’achète » confesse t il. « Je le goûte au fût, visite le vignoble, investigue sa cave. Avec les années, j’ai même identifié un rapport amusant entre la morpho-psychologie du vigneron et les qualités de garde de son vin ! Je ne me considère que comme un intermédiaire entre le viticulteur et le convive et cherche à faire partager à ce dernier le travail de celui qui l’a élaboré. »
Connaissant bien Jouni pour avoir travaillé avec lui chez Le Stanc et appréciant le côté impétueux du jeune chef en qui il avoue se reconnaître, , il a accepté avec enthousiasme sa proposition de le rejoindre, séduit par ce nouveau challenge de travailler avec une équipe de jeunes pour exercer différemment son métier de sommelier.
« Je sais composer des cartes de 1300 références de grands vins, mais je souhaite dorénavant davantage axer mon travail sur le concept de l’atelier du goût, en recherchant l’accord met-vin le plus élaboré. Dans l’activité bistrot, j’aurai plaisir à m’amuser à travailler des vins simples, pas chers et néanmoins bons. ». Dans le choix de la cave, il jouera plus la fantaisie que les grands classiques, ainsi que des curiosités dans les accords de vins français et étrangers, notamment latins, proximité de la Méditerranée oblige …
Il sera servi en ce sens par la politique menée avec conviction par l’ »atelier du goût » depuis ses débuts, c’est-à-dire de changer radicalement la politique de vente des vins de la cave: Au lieu de continuer le vieux système de stockage de milliers de bouteilles vendues au prix les plus hauts en application du principe bien connu, la politique est de réduire le stock en cave, ne jamais dépasser le pourcentage de majoration choisi pour la vente à emporter sur les grands vins de toute couleur et les champagnes et appliquer en salle de restaurant les mêmes prix qu’au sein de la boutique.
L’objectif affiché est de ne pas brider le sens de la fête pour de triviales considérations économiques. Ainsi les coefficients appliqués sur les champagnes, quasiment inférieurs de moitié à ceux pratiqués ailleurs permettront-ils, ainsi que c’était l’usage à la Belle Epoque, de commander une généreuse bouteille plutôt que deux maigres coupes.
LES CUISINES : Jouni fait coup double
Chacun des deux restaurants disposera de sa propre cuisine , mais elles seront conçues pour pouvoir éventuellement travailler ensemble.
Disposant naturellement des équipements les plus modernes de la profession, elles auront représenté à elles seules un investissement de 250.000 euros.
« LA TRATTORIA DE GIUSEPPE », rue Lascaris:
les petites pépites gourmandes du Piémont
L’ancien restaurant « Jouni, l’atelier du goût », situé au 10 rue Lascaris derrière Notre-Dame du Port, devient désormais la chasse gardée du compère Giuseppe Serena, piémontais gourmet et infatigable découvreur de saveurs.
Il introduit à Nice, avec l’ouverture de « La trattoria de Giuseppe », le principe de ces tables populaires propres à la région du Piémont où il fait bon se retrouver sans façons et dans la plus grande convivialité pour déguster entre amis plats canailles et mets qui ne se haussent pas du col.
On se retrouvera par ordre d’arrivée autour de 3 grandes tables d’hôtes pour déguster un choix de deux pâtes, un risotto, une salade, une soupe et un dessert, autour d’un ticket moyen qui ne devrait pas excéder 15 €. Le sommelier aura, quant à lui, la lourde tâche de proposer un excellent vin en trois couleurs qui n’excède jamais lui aussi 15 € à la table.
Enfin, dans la boutique voisine, Giuseppe propose désormais avec délectation ses sélections de confitures du terroir, d’huiles rares du bassin méditerranéen, de services d’art de la table contemporains et de vins inédits.
LES PERSPECTIVES : un véritable petit complexe balnéaire
D’autres éléments de ce « resort du bien-vivre » vont progressivement se mettre en place au cours des mois suivants.
Un bar à cigares ouvrant sur la mer de 18H à minuit, où déguster une somptueuse cave à cigares et alcools fins dans une ambiance cossue et raffinée, une plage privée, une terrasse balnéaire faisant la part belle aux clubs-sandwichs de qualité, glaces-maison, sorbets et salades composées, des salles de séminaires ouvrant sur la mer … achèveront de rendre à ce lieu magique le statut de véritable complexe balnéaire dont il avait été privé en 1945.
DECORATION ET STYLE : aux postes d’appareillage
Un tel bijou de talents conjugués méritait un écrin à sa hauteur.
Séduits par sa récente signature du Pavillon Croisette à Cannes, les propriétaires des murs ont confié l’aménagement intérieur à un architecte niçois, Raymond Calascione, l’un des meilleurs spécialistes de l’art déco sur la Côte d’Azur.
Amoureux fou de cet âge d’or architectural de la Côte d’Azur, Calascione s’est inspiré de l’esprit de la Villa Noailles conçue par Mallet-Stevens à Hyères et de la Villa Eilen Grey à Cap d’Ail, revisité dans une approche plus contemporaine. « Dans le souci de perpétuer l’âme du lieu et de lui permettre de se réapproprier son histoire, j’ai souhaité lui rendre le chic dépouillé qu’il méritait » jubile-t-il en couvant le bâtiment d’un regard empreint d’une fierté mâtinée de tendresse.
De fait, tout ici respire l’élégance décontractée des grands liners des années 30, un univers de circonstance face à la perspective éblouissante d’un littoral niçois en majesté…
« J’ai voulu évoquer le luxe des transatlantiques, mais pas trop cependant, car la Réserve y aurait perdu son âme » ajoute-t-il. Et cette retenue louable s’est avérée fort opportune. Les matériaux nobles épousent les textures plus contemporaines en un subtil pas de deux qui confère à l’ensemble une atmosphère de raffinement épuré : les bois précieux, mahée ou acajou de Cuba quasiment introuvable se conjuguent harmonieusement avec un placage moderne de zebrano. Le bronze et le marbre de Carrare se marient audacieusement avec le laiton et l’inox, dans une fusion jubilatoire qui reinvente et simplifie les canons esthétiques de l’époque.
Dès la porte d’entrée, de longs miroirs biseautés cabochonnés donnent le ton d’un lieu dédié aux plaisirs des sens. Un sol dessiné de marquinia d’Espagne et de marbre blanc statuaire mène à la banque d’accueil, conçue à partir d’un cache-radiateur récupéré dans un hôtel parisien des années 30. De hautes colonnes-calices d’albâtre retro-éclairé enrichies de consoles de fer et de bronze incitent à s’avancer vers le pivot central de la pièce, l’escalier aux marches de mahée noir. En torsades de bronze et rampes en fer martelé recouvert de laiton forgé, il s’adosse à des panneaux de fond en stucco veneziano imprimés d’un tissu cramoisi. De petits spots font scintiller discrètement les inserts en feuilles d’or qui le sculptent et le rehaussent.
Le bar du rez-de-chaussée, réchauffé par un magnifique parquet de doussié exotique, affirme sans complexe ses références contemporaines et dépouillées à l’univers mythique des Queen Mary et Queen Elisabeth : miroir en acajou, bar capitonné de bourrelets de cuir, rambardes en verre, main courante en inox et chromes évoquent irrésistiblement les élégantes offrant leurs voilettes aux embruns des vastes ponts-promenade du temps jadis…
Et comme pour clôre en point d’orgue cette échappée marine, grâce à ses rambardes de verre ceintes d’une fine bande d’aluminium, la terrasse au sol de bois exotique vernis et ipe des Philippines vous fait plonger dans les eaux qui viennent lécher langoureusement les rochers à vos pieds.
En haut de l’escalier s’offre le cœur du vaisseau-amiral, « l’atelier du goût ». Dans l’esprit des premiers pavés de verre teintés que Saint Gobain
avait conçu pour la Villa Noailles, une grande structure retro-éclairée en laiton et plomb propose des vitraux de 20 teintes différentes réalisés par les compagnons de l’Ecole Supérieure des Vitraux de Paris, spécialiste des monuments historiques, sur un motif repris à la Grande Mosquée de Samarcande.
De stricte inspiration art déco, le mobilier inspire à la gourmandise. La célèbre chaise coquille arrondie à la texture apparente, un modèle de Ruhlmann de style empire revisité, offre à la caresse son cuir capitonné irréprochable. Le pied central des tables nappées, en acajou de Cuba et laiton, renvoie délicatement au bois en padouk de la table roulante en desserte ruhlmanienne.
Les éclairages tamisés en spots inox carré irradient doucement des appliques d’antiquaires des années 30 pour diffuser une pâle lumière intemporelle jusqu’au soleil entrant à flot par les verandas de zebrano et chrome équipées de meubles en teck.
Un voyage dans le temps pour une invitation au partage gourmand…
FENG SHUI : un mieux-être aux yeux bridés
Adepte des techniques de relaxation du yoga et pratiquant assidu depuis 6
ans - « son facteur d’équilibre » assure-t-il en privé - Jouni tenait à faire partager à ses clients l’art de vivre en harmonie avec leur environnement d’un soir. Aussi a t il fait appel aux services d’une consultante niçoise en géobiologie et Feng-Shui et habitat sain à Haute Qualité Environnementale, Joëlle Vesin, qui travaille en étroite collaboration avec les concepteurs et les aménageurs.
« L’emplacement spécifique de La Réserve, située au-dessus d’importantes masses d’eau, méritait une attention particulière pour éviter que les hôtes les plus sensibles ne soient incommodés par un ressenti de vibrations desagréables, une impression de froid ou de mal-être » précise-t-elle. « Le diagnostic et les recommandations de principes Feng-Shui sont des outils supplémentaires au service du mieux-être et du mieux vivre dans un habitat et une entreprise n’échappe pas à la règle, bien au contraire. »
Habitant elle-même sur le port de Nice, elle a ausculté avec une attention rigoureuse le site, l’orientation, la décoration, la disposition des meubles et l’affectation de chaque pièce, même celles de services, et son intervention sérénisante a déjà procuré aux lieux une atmosphère de paix.
D’ailleurs, Feng-Shui ne signifie-t-il pas « vent et eau » ?
ŒUVRES D’ART :
le minimalisme du pays des aurores boréales
Né en 1945 dans le même village que Jouni, son oncle Reikko Tormanen est aujourd’hui un artiste reconnu en son pays, à la fois peintre et sculpteur. D’une facture assez proche de l’univers polychrome et géométrique de Vasarely, ses œuvres monumentales sont notamment exposées au Musée d’Oulu, le siège de Nokia. On lui doit également le magnifique réaménagement du presbytère de la cathédrale d’Oulu qui fait autorité dans son domaine.
Reikko a déjà créé pour le restaurant des compositions florales originales en milieu de table à base d’aluminium coloré et finement ciselé.
Ne souhaitant pas plaquer, comme trop souvent à l’accoutumée dans ce type d’établissement, des œuvres d’art disparates et pas forcément opportunes, Jouni et Giuseppe ont préféré laisser quartier libre à sa sensibilité pour imaginer en toute liberté la décoration des lieux selon son inspiration. Ce parcours initiatique aura lieu tout au long du premier trimestre pour notre plus grand plaisir.
ACCES HANDICAPES : le bien-être à la portée de tous
Pour Jouni, l’accueil est à entendre au sens large. A la fois belvédère unique et lieu de découverte gustative, il entend que La Réserve soit ouverte à tous aussi bien par une politique de prix raisonnables que par un accès facilité.
Si la loi du 11 Février 2005 a permis de grandes avancées en France pour les gens souffrant de personnes de mobilité réduite, la Scandinavie a toujours été à la pointe en matière de développement de normes relatives à l’accueil des personnes handicapées. Aussi le jeune chef finlandais a-t-il tenu à ce que ces derniers puissent accéder à un emplacement aussi exceptionnel. Il a ainsi simplement anticipé l’obligation légale qui est faite aux établissements recevant du public de se mettre en conformité avec l’obligation d’accessibilité aux handicapés dans les 10 ans à venir. Plus qu’une contrainte subie, il en a revendiqué le devoir moral.
Conserver l’âme du bâtiment en y ajoutant la part de technicité permettant à tous de profiter de ce lieu magique est le pari qui a été fait. La largeur confortable des portes et les toilettes aménagées pour les personnes à mobilité réduite contribuent à en faire un espace de vie pour tous. De plus un ascenseur, desservant chaque étage, permet à tous, quel que soit leur handicap, de venir apprécier cet espace de détente et de plaisir.
Et tant pis si des esprits chagrins alentour s’en offusquent par d’égoïstes tentatives d’obstruction. Jouni place l’être l’humain et son prochain au centre de sa vie. Il assume, revendique, persiste et signe.
UNIFORMES ET BON GOUT: c’est nous, les gars de la narine !
Enfin, les costumes du personnel en salle seront bien entendu en phase avec l’emplacement exceptionnel du bâtiment, pour accentuer l’univers feutré des croisière en partance :
Les serveurs et hôtesses seront habillés en marins, dans un clin d’œil à Jean-Paul Gaultier, en tenues plus ou moins élégantes et décontractées selon les niveaux et les types de service auxquels ils seront affectés.
A peine auréolé de sa première étoile obtenue au millésime 2006 du Guide Rouge, le jeune chef prodige venu du froid crée l’événement niçois en ouvrant l’année 2007 en fanfare !
En ce nouvel an prometteur, le petit Prince de Nice vient de réveiller la belle endormie la plus mythique de la capitale azuréenne, la Réserve. Cet établissement ancré à l’entrée du Port Lympia , face à l’une des plus belles perspectives de la ville et qui avait connu son heure de gloire avant-guerre se languissait depuis une cinquantaine d’années dans une douce torpeur.
A la demande des principaux copropriétaires des murs désireux de lui rendre son lustre d’antan, le talentueux finlandais récemment honoré par Alain Ducasse dans l’opération Food / Fou de France au Plaza Athénée à Paris, met en musique les lieux sur un accord majeur pour nous étonner encore davantage : il invente ici la fusion révolutionnaire de 4 concepts distincts et complémentaires qui n’ont pas fini de faire parler d’eux.
Qui a osé affirmer qu’il n’y avait rien de nouveau sous le soleil ?
JOUNI, LE CHEF PRODIGE VENU DU FROID
Il était une fois Jouni Tormanen, un jeune finlandais né le 5 Mars 1971 à quelques encablures du cercle polaire. Dans ces contrées glaciales où, le tiers de l’année, un soleil palôt n’apparaît que 3 heures par jour au dessus de l’horizon, la vie familiale s’organise autour du foyer. Les madeleines de Proust du petit garçon sont les pâtes à brioches dorées et le pain perdu croustillant des longues soirées d’hiver. Il s’initie à une cuisine de simplicité au côté d’une mère qui n’a jamais connu de restaurants et cultive ses propres légumes et il la secondera jusqu’à son adolescence.
Un jour, en lieu et place d’un cours à l’Ecole Hôtelière d’Helsinki, un professeur paresseux lance une cassette vidéo de Paul Bocuse officiant dans ses vignobles et à ses fourneaux. C’est le choc. Ce sera la France ou rien.
Découvrant Nice à l’occasion des vacances de Pâques, il décide de s’installer sur la Côte d’Azur dès la fin de ses études, et y débarque à l’été 1993 le lendemain même de l’obtention de son diplôme.
Les influences d’un destin prometteur
Sa première réelle émotion culinaire est la découverte des pâtes au pistou à l’ancienne préparées par la famille italienne du restaurant monégasque « Il Novecento », la copie du Maxim’s de Paris installée dans la galerie du Métropole. Il se fait embaucher par ce couple âgé qui lui apprendra le culte du bon produit et une cuisine du goût de l’authentique dont il ne se départira plus.
Il choisit ensuite d’entamer sa tournée des Grand-Ducs et de se former à l’école des plus grands. A « La bonne auberge » d’Antibes, où flottent toujours l’esprit et l’âme du père fondateur, Philippe Rostang lui confie ses premières responsabilités et il commence l’apprentissage de l’autonomie.
Avide d’apprendre au côté des meilleurs, il rejoint ensuite Le Stanc au Négresco qui décèle le talent gastronomique naissant et, après un apprentissage au garde-manger en cuisine froide, le forme rapidement à tous les postes au sein de la brigade.
Il expérimente le début de l’ère Alain Llorca, y puise avec ardeur les compléments d’une approche radicalement différente et, nourri de ces travaux pratiques à la source de la passion, propose ses services à Alain Ducasse.
Celui-ci l’engage à Paris, au sein de l’ex-restaurant de Robuchon, avenue Poincaré. Il y apprend dans l’effort d’un rythme quasi-militaire le travail d’équipe au service de la grande gastronomie du classique français. Une expérience physiquement éprouvante
dont il sort formé à l’école exigeante d’une cuisine carrée, pointue, au perfectionnisme poussé à l’extrême dans tous les détails : taille, cuisson, mise en place, il y acquiert la mesure du millimètre.
L’estimant prêt à se frotter à une autre école, Ducasse le confie à Franck Cerutti au Louis XV à Monaco. Il y retrouve ses émotions initiales d’un fondamental italianisant. Une cuisine naturelle, « comme à la maison », le respect du produit simple, non surchargé de sauces et d’épices, sans complication, servi par une juste cuisson. Il y épouse la passion du maître des lieux pour les petits produits du marché et la pêche locale du matin.
Décidemment touché par la grâce de la cuisine méditerranéenne, il décline ensuite l’offre d’une place au Spoon qui va se lancer à Tokyo et il part se former avec curiosité à la cuisine sophistiquée et déstructurée du chef Ferran Adria chez El Bulli en Espagne.
Il s’estime alors suffisamment imprégné des techniques des grands à l’issue de ce circuit, revient à Nice, la ville de ses premières émotions dont le souvenir ne l’a jamais quitté et s’installe enfin à son compte. Il ouvre en Août 2002 « Jouni, atelier du goût » au 10 rue Lascaris, avec l’aide de son associé et mentor , le Piémontais Giuseppe Serena, professionnel confirmé de la gestion hôtelière, gourmet exigeant et grand découvreur de talent.
Le parcours personnel
Il rêve bien sûr de métisser toutes ces expériences, de les fondre et d’en extraire le meilleur, autour des composants fondamentaux de la cuisine niçoise dont Le Stanc reste à ses yeux le modèle.
Dans la cuisine de poche de son nouvel établissement, il peaufine son travail et mûrit son tour de main. Le public niçois commence à se transmettre avec gourmandise sur le ton de la confidentialité l’adresse de cette improbable ruelle derrière le port. Il se murmure entre initiés qu’un jeune scandinave inattendu y célèbre le produit en toute simplicité sans en dénaturer le goût, réinvente la pureté des simples que l’on avait fini par oublier et célèbre le mariage efficace de l’assiette et de l’esthétique. Un livre d’or informel gribouillé sur les cartes dans l’enthousiasme y célèbre « une cuisine du cœur, de l’âme et de la sincérité ».
Les critiques locaux le dénichent rapidement, les régionaux s’y essaient par curiosité et les nationaux l’encensent à tour de rôle. Jacques Gantié de Nice Matin décèle « simplicité, rigueur du produit, sens du marché, goût de l'authentique » ; François Simon du Figaro s’extasie d’ « un flot de surprise et de bonheur » et Gilles Pudlowski célèbre ce « Sud des saveurs nettes et pures ».
Jusqu’à la consécration du macaron au Michelin au début de l’année.
Toujours émerveillé de la juste cuisson, et sans renier le simple mariage de deux-trois goûts maximum, Jouni se sent alors un peu « emprisonné par le seul esprit niçois-italien » et aimerait s’ouvrir à d’autres cuisines. Célébrer encore la sardine, l’anchois, le petit farci et les pâtes au pistou, imposer sa légendaire cuisine de l’instant qui ne fasse pas attendre le client plus de 5 minutes, mais affiner, améliorer, perfectionner encore davantage cette Méditerranée qu’il affectionne.
Désormais à l’étroit dans ce petit restaurant de la rue Lascaris, où il a patiemment grimpé les marches d’un purgatoire exigu, il rêvait d’un espace emblématique où pouvoir exprimer son talent. L’ère de la réalisation se profile.
De fidèles clients de la première heure, les principaux copropriétaires de l’immeuble de « La Réserve », l’un des hauts lieux de la restauration niçoise avant-guerre, rêvaient de rendre au bâtiment sa gloire d’antan. La reconnaissance professionnelle du Guide Michelin évacue leurs dernières réticences et ils lui proposent de le faire revivre.
Derrière le regard bleu pâle rieur de ce chef aux traits d’ éternel adolescent se cache toujours bien sûr cette immense sensibilité. Cette marque de fabrique qui lui a permis de trouver le ton juste au long d’un parcours sans faute à ce jour et d’entrer en résonance avec son public.
Mais le jeune homme a mûri, s’est rassuré sur son savoir-faire et son savoir-être et envisage aujourd’hui avec sérénité la phase deux d’une trajectoire prometteuse.
« Il était une fois un jeune finlandais … ». Le conte de fées se poursuit.
Suivons bien le deuxième chapitre, il nous emmènera au pays des rêves gourmands.
LA RESERVE DE NICE, LE CHATEAU DE LA BELLE AU BOIS DORMANT
Telle une sentinelle veillant sur l’entrée du Port de Nice, la Réserve, comme la beauté, règne de droit divin. La magie de son emplacement, ancré sur son éperon rocheux face au large est à elle seule une invitation au voyage. Caressé par la douceur des flots indigo l’été, fouetté par les vagues qui lui donnent parfois un air de petit rocher de la vierge à Biarritz l’hiver, il est le lieu de tous les enchantements où l’on s’abandonne à suivre des yeux le ballet des navires illuminés et où l’on devine la perspective inoubliable de la Baie des Anges au loin. Ses concepteurs ne s’y étaient pas trompé qui y avaient édifié dès 1876 un établissement luxueux, « l’hôtel-restaurant de La Réserve », équipé d’un vivier privé qui lui valut son nom de baptême.
La reconstitution d’une fausse goélette sur le petit rocher d’Aubray attenant, où les élégantes en crinoline aimaient à prendre le thé tandis que la brise du large faisait voleter leurs voilettes lui donnera cette silhouette caractéristique qui traversera les décennies et le fera se prêter à l’objectif des amateurs de cartes postales.
Acheté en 1945 par un groupe d’industriels, le bâtiment originel avec son belvédère à l’italienne, sa rotonde et sa terrasse, devait être totalement transformé pour donner la réplique niçoise aux stations estivales en pleine expansion de Monaco, Juan-les-pins et Cannes.
Rebaptisé « Roc-Beach », il accueillit piscine à eau libre, solarium, plongeoir, dining board et chutes d’eau. Le projet prévoyait de nouvelles cabines de bains, une terrasse-piste en plein air et un casino des jeux, mais le refus d’autorisation du Ministre de l’Intérieur de l’époque, malgré l’avis favorable de la Ville de Nice, brisa définitivement le rêve balnéaire de ce complexe.
Transformé en copropriété pour le plaisir exclusif de quelques « happy-few », il a depuis près de cinquante ans nourri les regrets des plus anciens, frappé l’imaginaire des plus jeunes et attisé la convoitise des plus avides…
C’est ce « resort » avant la lettre dont les principaux co-propriétaires actuels ont remis une partie des clés au tandem complice Jouni-Giuseppe.
Quel plus beau lieu ces derniers pouvaient-ils rêver pour être en phase avec cette Méditerranée dont ils se sont fait les chantres en leurs assiettes ?
Le cahier des charges est simple : « rendez-lui la vie qu’il mérite ! »
Le projet, ambitieux mais réaliste est rapidement ficelé car longtemps rêvé par tous les protagonistes.
La confiance est totale : les co-propriétaires des murs prendront un charge la majeure partie des investissements.
Ce navire de pierre qui semble vouloir s’arracher au rivage pour cingler vers le large s’avère une prodigieuse source d’inspiration. Accrochons nos ceintures : cela va décoiffer dans les mâtures…
LE CONCEPT
Pour le plaisir de ses passagers du vent, « Jouni, atelier du goût » va réellement se mettre en quatre !
Dorénavant appuyé de deux chefs exécutifs, Jouni va enfin pouvoir prendre du recul, et, soulagé de la pression de l’instant, se consacrer à approfondir son travail d’innovation, de recherche et d’amélioration au service du produit.
En salle, il sera enfin secondé dans cette tâche par un responsable de la restauration, professionnel de haut niveau, Benoit Peeters, un ancien de chez Ducasse lui aussi, le chef le plus étoilé au monde s’avérant décidément un vivier de talents.
1- « Jouni, atelier du goût » : la leçon de piano
La passerelle du vaisseau-amiral située au premier étage sera naturellement « Jouni, atelier du goût «.
Toutes les recettes qui ont fait le succès du petit bistrot familial de la rue Lascaris y seront exploitées et approfondies.
Le produit y sera toujours mis en valeur dans son naturel et sa simplicité. La recherche du goût y sera simplement davantage élaborée dans une optique plus classique et plus recherchée.
Cette démarche s’exprimera dorénavant à travers une seule carte et un menu dégustation.
Jouni y sera secondé par un chef exécutif, Xavier Burelle, ancien second de Michel del Burgo au restaurant « Chanteclerc » de l’Hôtel Negresco et du « Joël Robuchon Monte Carlo » à l’Hôtel Métropole après avoir fait ses armes à Paris au « restaurant Alain Ducasse »*** du Plaza Athénée et au « Cinq » ** de l’Hôtel Georges V. Il apportera sa touche classique, tempérée à la fois de simplicité et de clarté, pour une cuisine sans complication fidèle à la ligne directrice de Jouni.
La montée en charge sera progressive autour d’une salle d’une quarantaine de places pour conserver intact l’esprit intimiste de « l’atelier ». Le ticket moyen devrait se situer aux alentours de 100 €, hors boissons.
Il devrait ouvrir en Janvier 2007.
2- Jouni, la Réserve de Nice
Cette salle qui prend ses carrés au rez-de-chaussée se positionnera à peu près au niveau des prestations de l’atelier actuel de la rue Lascaris. A la différence près d’un parti-pris résolument plus décontracté. Jouni se libérera ici de la rigueur de l’atelier, et s’amusera enfin au bénéfice d’une cuisine plus libérée, inventive et inspirée, s’autorisant ici et là quelques folies.
La Réserve proposera une carte de viandes, une autre de poissons et une troisième végétarienne, en autorisant des croisements entre elles.
Le chef des cuisines sera ici secondé par un chef exécutif, Sébastien Mahuet, ancien second d’Olivier Streif au Vista Palace de Roquebrune-Cap-Martin après s’être perfectionné à « La chèvre d’or » ** d’Eze Village, à » La Bastide Saint Antoine » ** de Jacques Chibois à Grasse, puis au Bistrot des Viviers de Nice. Jeune et évolutif, il est là pour mettre en œuvre la nouvelle orientation et s’autoriser quelques licences.
Le ticket moyen devrait se situer aux alentours de la rue Lascaris à l’heure actuelle, soit environ 35/40 euros hors boissons.
Son ouverture est prévue dès Janvier.
3- Le lounge-bar de La Réserve
Installé également au rez de chaussée, il proposera un assortiment de menus-cocktails inédits, petits plats à déguster au bar dans l’esprit des tapas catalanes découvertes par Jouni dans sa période El Bulli et modernisées dans l’esprit actuel.
La formule intégrera de plus de petits concerts de musique live.
Le chef-barman Anthony Checconi étudie actuellement avec soins une carte inédite qui autorisera des « before » ou « after-hours » originaux.
Elevé dans l’atmosphère familiale d’une affaire de bar dès sa plus tendre enfance, c’est tout naturellement qu’après une année de formation aux langues étrangères appliquées à la Faculté des Lettres de Nice, ce fou d’œnologie a choisi la filière anglo-saxonne pour se perfectionner au métier de barman. A Atlanta ( Géorgie) tout d’abord puis au Billesley Manor Hotel de Stattford-upon-Avon en Angleterre et enfin au restaurant de Tower Bridge à Londres. « Pour moi, l’Angleterre est la meilleure école de mixologie au monde, dans la mesure où elle métisse en quelque sorte la grande école italienne d’où sont issus la plupart des barmen de palaces pour une reproduction parfaite des grands classiques et l’école américaine, inventive et créative ».
Après une formation au management hôtelier ( Craft training) et aux règles d’hygiène ( UK Food and Hygiène Training ), il devient le manager du Terminus Restaurant au sein du célèbre 5 étoiles Great Eastern Hotel de Londres. Il y côtoie la jet-set et le monde du cinéma et devient notamment le barman attitré de Hugh Grant et de Dustin Hoffman, « qui me commandait surtout des jus de tomates extrêmement assaisonnés » plaisante-t-il. « Quant à Pierce Brosnan, il ne m’a jamais demandé de Martini Dry ! « ajoute-t-il aussitôt d’un air malicieux.
Au bout de deux ans, rompu aux techniques outre-manche, il revient à ses premières amours et intègre en Mars 2004 en tant que chef barman le Karément au Grimaldi Forum de Monaco.
Son ingrédient préféré ? En dehors naturellement des alcools bruns qui savent « aller chercher la saveur », c’est sans hésiter l’amaretto, peaufiné au contact de sa clientèle italienne. « Il existe des dizaines de façons différentes de le travailler et de le mixer, c’est extraordinaire ! ».
« La culture du bar est encore quasiment un vrai désert en France, elle se limite souvent aux déclinaisons gin-fizz et mojitos », regrette-t-il. « La plupart des grands classiques aux Etats-Unis et en Angleterre existant depuis 20 à 30 ans sont encore presque inconnus ici ». C’est précisément pour cette expérience anglo-saxonne que Jouni l’a choisi. Dans la lignée de l’esprit de découverte de « l’atelier du goût « , le chef scandinave voulait ouvrir le palais de ses convives à de nouvelles saveurs de cocktails. Les classiques français ne seront pas proposés à la carte, mais ils pourront naturellement être faits à la demande. 50% de la gamme cocktails seront des grands classiques étrangers auxquels le public niçois est peu habitué et 50% seront des créations personnelles.
Jouni et Anthony souhaitent surprendre par la nouveauté. Même les classiques seront retravaillés en intégrant des parfums ou des produits nouveaux tout en restant dans l’esprit de la formule initiale.
La carte des alcools est généreuse, digne d’un bar de palace, et offrira près de 70 références, tout en restant évolutive. Elle intégre même certains produits de qualité qui avaient quasiment disparu de la Côte d’Azur, telle la gamme de whisky Dewar’s, qui fut en son temps leader aux USA. « des produits magnifiques, à découvrir sans attendre » se pourlèche Anthony.
Son savoir-faire et son parcours original vont ainsi apporter à La Réserve une opportune dimension internationale.
Il sera naturellement possible de déguster en toute liberté un plat au bar en compagnie de son cocktail ou de son alcool.
4- Le toit-terrasse
Situé au deuxième étage, il accueillera un bar d’été et un sun-roof à la vue imprenable.
Aménagé dans un décor de pont de navire de croisière aux cordages claquant au vent, il donnera enfin vie au projet du célèbre solarium envisagé après-guerre et qui ne devait jamais voir le jour.
Une adresse indispensable sur les rivages niçois qui n’avaient pas connu jusqu’à ce jour l’ambiance de ces terrasses-dunettes dont les marseillais s’enorgueillissent.
CARTE et MENU : l’alternative innovante
« Pourquoi enfermer les convives dans des formules et des menus forcément réducteurs ? « se sont demandé Jouni et Giuseppe. Ce principe somme toute contraignant ne satisfait finalement jamais tout à fait l’amateur, asservi à un choix qui n’eût pas réellement été le sien. Au nom de la sacro-sainte liberté du goût, les deux trublions de la fourchette ont donc décidé de proposer là encore un concept novateur : Tout est proposé à la carte, laquelle change tous les jours selon l’inspiration et le marché. Pour garantir la meilleure fraîcheur de tous les produits, elle demeure donc modifiable selon l'arrivage des marchandises. La provenance des produits, les cuissons, l'accompagnement sont expliqués à la table au moment de la commande. Une sélection d'huiles d'olives est toujours à disposition pour une dégustation personnalisée. Chacun compose donc son repas véritablement « à la carte », choisissant entrées, plats ou desserts selon ses envies .
On retrouvera naturellement toujours les grands classiques qui ont fait la réputation de Jouni. Pour ne citer que quelques exemples :
En entrées: Le risotto à l'encre de seiche, saint Jacques et Langoustines, le Velouté de petits-pois et toast de chèvre frais d'Alain Barbagli, le Riz de Veau, sauce grenobloise aux asperges violettes rôties …
En plats: Le Calamar à la plancha, le Carpaccio de cabillaud et selon arrivage la Pêche de Sanremo à la plancha: petits rougets entiers, gamberoni rouges et gamberetti rouges, calamars…
En desserts : la Tarte aux Chocolats fondants, le Millefeuilles chocolat et Framboises…
Les accommodements varieront simplement selon les restaurants : ainsi le risotto pourra être proposé aux potirons à « La Réserve » et au homard à « l’atelier du goût » ou les fruits de mer avec calamar à « La Réserve » et huîtres à « l’atelier du goût ».
Seul un menu à 100 € sera proposé. Il incluera en fait un choix parmi la carte du jour de deux entrées, deux plats et deux desserts.
Une formule inédite du jour sera également proposée sous la forme d’une grande assiette-plateau à 18 €, sur lequel le chef placera lui-même entrée, plat et dessert selon l’inspiration du jour.
LES DESSERTS : la douceur marine
C’est à Freddy Monier, natif de Tarare dans le Rhône, le fief du bon goût français, que sera confiée la tâche d’ensorceller les palais en jouant les prolongations.
Après une solide formation acquise notamment au « Château de la chèvre d’or « et au « Château du domaine Saint-Martin » à Vence, ce jeune chef-pâtissier de talent devrait exprimer ici son sens de l’innovation et du ton juste.
En collaboration avec le barman, il travaille entre autre à développer une gamme innovante de desserts au cocktail dont un soufflé à la mandarine qui devrait faire sensation…
LES VINS : l’alliance sacrée
Côté sommellerie, l’équipe de Jouni arrive enfin à mâturité car le nouveau restaurant ouvre avec deux professionnels de haut niveau : Yannick Mehat, arrivé l’été dernier, vient d’être rejoint par Patrick Millereau, chef Sommelier de l’Hôtel Negresco depuis 17 ans.
Ayant étoffé l’équipe initiale au début de l’été 2006, Yannick Mehat la complète désormais en apportant son savoir-faire transversal de sommelier à toutes les tables.
Diplômé de l'ESCF Ferrandi de Paris et ayant obtenu la mention complémentaire de Sommelier à l'Ecole de Paris des Métiers de la Table, il a notamment officié au Château de la Chèvre d'Or ** à Eze, à l’Hostellerie Jérôme** chez Bruno Cirino à La Turbie, à La Grande Cascade * à Paris, au City Rhodes * à Londres, au Pré Catelan ** et à La Tour d'Argent ** à Paris.
Avec un tel palmarès, ce conseiller de choix apportera la touche finale dans les alliances subtiles met-vin et viendra avec à-propos compléter un team gagnant désormais totalement structuré .
Chef Sommelier depuis 17 ans de l’Hôtel Negresco, Patrick Millereau aura pour sa part plus particulièrement en charge les achats et « l’atelier du goût ». Ce personnage atypique, réputé dans la profession pour son caractère abrupt et son franc-parler, est entré en sommellerie comme en religion après un véritable choc organoleptique. Un dimanche, dans la maison familiale du Morvan, alors qu’il étrenne ses 9 ans, son grand-père lui propose de descendre avec lui choisir le vin à la cave et lui fait goûter un Auxey-Duresses de 15 ans d’âge. Sa première dégustation ! 10 ans plus tard exactement, il lui fait goûter le même millésime. Patrick est subjugué par son incroyable évolution. Une vocation est née. Il la peaufinera en taillant les vignes durant toute son adolescence et en passant ses journées à découvrir les vignerons et leurs terroirs.
Il conservera ce goût du terrain tout au long de sa carrière, à Villefranche tout d’abord, chez « La mère Germaine », puis au Massoury, chez Pierre Seibt, l’ancien directeur autodidacte de Lasserre, son maître à penser qui lui a appris la rigueur de la mise en place. Il la perpétuera enfin au « restaurant Dominique Le Stanc » à Monaco dont il sera de 85 à 87 le Chef Sommelier et Directeur de salle et qui obtiendra le « clé d’or Gault et Millau » et sa première étoile Michelin . Séduit par cette collaboration, Le Stanc l’emmenera avec lui au Château Eza, autre étoilé, pendant deux ans, puis au Negresco où ils travaillent en binôme durant 18 ans.
« Je n’achète aucun vin sans savoir ce que j’achète » confesse t il. « Je le goûte au fût, visite le vignoble, investigue sa cave. Avec les années, j’ai même identifié un rapport amusant entre la morpho-psychologie du vigneron et les qualités de garde de son vin ! Je ne me considère que comme un intermédiaire entre le viticulteur et le convive et cherche à faire partager à ce dernier le travail de celui qui l’a élaboré. »
Connaissant bien Jouni pour avoir travaillé avec lui chez Le Stanc et appréciant le côté impétueux du jeune chef en qui il avoue se reconnaître, , il a accepté avec enthousiasme sa proposition de le rejoindre, séduit par ce nouveau challenge de travailler avec une équipe de jeunes pour exercer différemment son métier de sommelier.
« Je sais composer des cartes de 1300 références de grands vins, mais je souhaite dorénavant davantage axer mon travail sur le concept de l’atelier du goût, en recherchant l’accord met-vin le plus élaboré. Dans l’activité bistrot, j’aurai plaisir à m’amuser à travailler des vins simples, pas chers et néanmoins bons. ». Dans le choix de la cave, il jouera plus la fantaisie que les grands classiques, ainsi que des curiosités dans les accords de vins français et étrangers, notamment latins, proximité de la Méditerranée oblige …
Il sera servi en ce sens par la politique menée avec conviction par l’ »atelier du goût » depuis ses débuts, c’est-à-dire de changer radicalement la politique de vente des vins de la cave: Au lieu de continuer le vieux système de stockage de milliers de bouteilles vendues au prix les plus hauts en application du principe bien connu, la politique est de réduire le stock en cave, ne jamais dépasser le pourcentage de majoration choisi pour la vente à emporter sur les grands vins de toute couleur et les champagnes et appliquer en salle de restaurant les mêmes prix qu’au sein de la boutique.
L’objectif affiché est de ne pas brider le sens de la fête pour de triviales considérations économiques. Ainsi les coefficients appliqués sur les champagnes, quasiment inférieurs de moitié à ceux pratiqués ailleurs permettront-ils, ainsi que c’était l’usage à la Belle Epoque, de commander une généreuse bouteille plutôt que deux maigres coupes.
LES CUISINES : Jouni fait coup double
Chacun des deux restaurants disposera de sa propre cuisine , mais elles seront conçues pour pouvoir éventuellement travailler ensemble.
Disposant naturellement des équipements les plus modernes de la profession, elles auront représenté à elles seules un investissement de 250.000 euros.
« LA TRATTORIA DE GIUSEPPE », rue Lascaris:
les petites pépites gourmandes du Piémont
L’ancien restaurant « Jouni, l’atelier du goût », situé au 10 rue Lascaris derrière Notre-Dame du Port, devient désormais la chasse gardée du compère Giuseppe Serena, piémontais gourmet et infatigable découvreur de saveurs.
Il introduit à Nice, avec l’ouverture de « La trattoria de Giuseppe », le principe de ces tables populaires propres à la région du Piémont où il fait bon se retrouver sans façons et dans la plus grande convivialité pour déguster entre amis plats canailles et mets qui ne se haussent pas du col.
On se retrouvera par ordre d’arrivée autour de 3 grandes tables d’hôtes pour déguster un choix de deux pâtes, un risotto, une salade, une soupe et un dessert, autour d’un ticket moyen qui ne devrait pas excéder 15 €. Le sommelier aura, quant à lui, la lourde tâche de proposer un excellent vin en trois couleurs qui n’excède jamais lui aussi 15 € à la table.
Enfin, dans la boutique voisine, Giuseppe propose désormais avec délectation ses sélections de confitures du terroir, d’huiles rares du bassin méditerranéen, de services d’art de la table contemporains et de vins inédits.
LES PERSPECTIVES : un véritable petit complexe balnéaire
D’autres éléments de ce « resort du bien-vivre » vont progressivement se mettre en place au cours des mois suivants.
Un bar à cigares ouvrant sur la mer de 18H à minuit, où déguster une somptueuse cave à cigares et alcools fins dans une ambiance cossue et raffinée, une plage privée, une terrasse balnéaire faisant la part belle aux clubs-sandwichs de qualité, glaces-maison, sorbets et salades composées, des salles de séminaires ouvrant sur la mer … achèveront de rendre à ce lieu magique le statut de véritable complexe balnéaire dont il avait été privé en 1945.
DECORATION ET STYLE : aux postes d’appareillage
Un tel bijou de talents conjugués méritait un écrin à sa hauteur.
Séduits par sa récente signature du Pavillon Croisette à Cannes, les propriétaires des murs ont confié l’aménagement intérieur à un architecte niçois, Raymond Calascione, l’un des meilleurs spécialistes de l’art déco sur la Côte d’Azur.
Amoureux fou de cet âge d’or architectural de la Côte d’Azur, Calascione s’est inspiré de l’esprit de la Villa Noailles conçue par Mallet-Stevens à Hyères et de la Villa Eilen Grey à Cap d’Ail, revisité dans une approche plus contemporaine. « Dans le souci de perpétuer l’âme du lieu et de lui permettre de se réapproprier son histoire, j’ai souhaité lui rendre le chic dépouillé qu’il méritait » jubile-t-il en couvant le bâtiment d’un regard empreint d’une fierté mâtinée de tendresse.
De fait, tout ici respire l’élégance décontractée des grands liners des années 30, un univers de circonstance face à la perspective éblouissante d’un littoral niçois en majesté…
« J’ai voulu évoquer le luxe des transatlantiques, mais pas trop cependant, car la Réserve y aurait perdu son âme » ajoute-t-il. Et cette retenue louable s’est avérée fort opportune. Les matériaux nobles épousent les textures plus contemporaines en un subtil pas de deux qui confère à l’ensemble une atmosphère de raffinement épuré : les bois précieux, mahée ou acajou de Cuba quasiment introuvable se conjuguent harmonieusement avec un placage moderne de zebrano. Le bronze et le marbre de Carrare se marient audacieusement avec le laiton et l’inox, dans une fusion jubilatoire qui reinvente et simplifie les canons esthétiques de l’époque.
Dès la porte d’entrée, de longs miroirs biseautés cabochonnés donnent le ton d’un lieu dédié aux plaisirs des sens. Un sol dessiné de marquinia d’Espagne et de marbre blanc statuaire mène à la banque d’accueil, conçue à partir d’un cache-radiateur récupéré dans un hôtel parisien des années 30. De hautes colonnes-calices d’albâtre retro-éclairé enrichies de consoles de fer et de bronze incitent à s’avancer vers le pivot central de la pièce, l’escalier aux marches de mahée noir. En torsades de bronze et rampes en fer martelé recouvert de laiton forgé, il s’adosse à des panneaux de fond en stucco veneziano imprimés d’un tissu cramoisi. De petits spots font scintiller discrètement les inserts en feuilles d’or qui le sculptent et le rehaussent.
Le bar du rez-de-chaussée, réchauffé par un magnifique parquet de doussié exotique, affirme sans complexe ses références contemporaines et dépouillées à l’univers mythique des Queen Mary et Queen Elisabeth : miroir en acajou, bar capitonné de bourrelets de cuir, rambardes en verre, main courante en inox et chromes évoquent irrésistiblement les élégantes offrant leurs voilettes aux embruns des vastes ponts-promenade du temps jadis…
Et comme pour clôre en point d’orgue cette échappée marine, grâce à ses rambardes de verre ceintes d’une fine bande d’aluminium, la terrasse au sol de bois exotique vernis et ipe des Philippines vous fait plonger dans les eaux qui viennent lécher langoureusement les rochers à vos pieds.
En haut de l’escalier s’offre le cœur du vaisseau-amiral, « l’atelier du goût ». Dans l’esprit des premiers pavés de verre teintés que Saint Gobain
avait conçu pour la Villa Noailles, une grande structure retro-éclairée en laiton et plomb propose des vitraux de 20 teintes différentes réalisés par les compagnons de l’Ecole Supérieure des Vitraux de Paris, spécialiste des monuments historiques, sur un motif repris à la Grande Mosquée de Samarcande.
De stricte inspiration art déco, le mobilier inspire à la gourmandise. La célèbre chaise coquille arrondie à la texture apparente, un modèle de Ruhlmann de style empire revisité, offre à la caresse son cuir capitonné irréprochable. Le pied central des tables nappées, en acajou de Cuba et laiton, renvoie délicatement au bois en padouk de la table roulante en desserte ruhlmanienne.
Les éclairages tamisés en spots inox carré irradient doucement des appliques d’antiquaires des années 30 pour diffuser une pâle lumière intemporelle jusqu’au soleil entrant à flot par les verandas de zebrano et chrome équipées de meubles en teck.
Un voyage dans le temps pour une invitation au partage gourmand…
FENG SHUI : un mieux-être aux yeux bridés
Adepte des techniques de relaxation du yoga et pratiquant assidu depuis 6
ans - « son facteur d’équilibre » assure-t-il en privé - Jouni tenait à faire partager à ses clients l’art de vivre en harmonie avec leur environnement d’un soir. Aussi a t il fait appel aux services d’une consultante niçoise en géobiologie et Feng-Shui et habitat sain à Haute Qualité Environnementale, Joëlle Vesin, qui travaille en étroite collaboration avec les concepteurs et les aménageurs.
« L’emplacement spécifique de La Réserve, située au-dessus d’importantes masses d’eau, méritait une attention particulière pour éviter que les hôtes les plus sensibles ne soient incommodés par un ressenti de vibrations desagréables, une impression de froid ou de mal-être » précise-t-elle. « Le diagnostic et les recommandations de principes Feng-Shui sont des outils supplémentaires au service du mieux-être et du mieux vivre dans un habitat et une entreprise n’échappe pas à la règle, bien au contraire. »
Habitant elle-même sur le port de Nice, elle a ausculté avec une attention rigoureuse le site, l’orientation, la décoration, la disposition des meubles et l’affectation de chaque pièce, même celles de services, et son intervention sérénisante a déjà procuré aux lieux une atmosphère de paix.
D’ailleurs, Feng-Shui ne signifie-t-il pas « vent et eau » ?
ŒUVRES D’ART :
le minimalisme du pays des aurores boréales
Né en 1945 dans le même village que Jouni, son oncle Reikko Tormanen est aujourd’hui un artiste reconnu en son pays, à la fois peintre et sculpteur. D’une facture assez proche de l’univers polychrome et géométrique de Vasarely, ses œuvres monumentales sont notamment exposées au Musée d’Oulu, le siège de Nokia. On lui doit également le magnifique réaménagement du presbytère de la cathédrale d’Oulu qui fait autorité dans son domaine.
Reikko a déjà créé pour le restaurant des compositions florales originales en milieu de table à base d’aluminium coloré et finement ciselé.
Ne souhaitant pas plaquer, comme trop souvent à l’accoutumée dans ce type d’établissement, des œuvres d’art disparates et pas forcément opportunes, Jouni et Giuseppe ont préféré laisser quartier libre à sa sensibilité pour imaginer en toute liberté la décoration des lieux selon son inspiration. Ce parcours initiatique aura lieu tout au long du premier trimestre pour notre plus grand plaisir.
ACCES HANDICAPES : le bien-être à la portée de tous
Pour Jouni, l’accueil est à entendre au sens large. A la fois belvédère unique et lieu de découverte gustative, il entend que La Réserve soit ouverte à tous aussi bien par une politique de prix raisonnables que par un accès facilité.
Si la loi du 11 Février 2005 a permis de grandes avancées en France pour les gens souffrant de personnes de mobilité réduite, la Scandinavie a toujours été à la pointe en matière de développement de normes relatives à l’accueil des personnes handicapées. Aussi le jeune chef finlandais a-t-il tenu à ce que ces derniers puissent accéder à un emplacement aussi exceptionnel. Il a ainsi simplement anticipé l’obligation légale qui est faite aux établissements recevant du public de se mettre en conformité avec l’obligation d’accessibilité aux handicapés dans les 10 ans à venir. Plus qu’une contrainte subie, il en a revendiqué le devoir moral.
Conserver l’âme du bâtiment en y ajoutant la part de technicité permettant à tous de profiter de ce lieu magique est le pari qui a été fait. La largeur confortable des portes et les toilettes aménagées pour les personnes à mobilité réduite contribuent à en faire un espace de vie pour tous. De plus un ascenseur, desservant chaque étage, permet à tous, quel que soit leur handicap, de venir apprécier cet espace de détente et de plaisir.
Et tant pis si des esprits chagrins alentour s’en offusquent par d’égoïstes tentatives d’obstruction. Jouni place l’être l’humain et son prochain au centre de sa vie. Il assume, revendique, persiste et signe.
UNIFORMES ET BON GOUT: c’est nous, les gars de la narine !
Enfin, les costumes du personnel en salle seront bien entendu en phase avec l’emplacement exceptionnel du bâtiment, pour accentuer l’univers feutré des croisière en partance :
Les serveurs et hôtesses seront habillés en marins, dans un clin d’œil à Jean-Paul Gaultier, en tenues plus ou moins élégantes et décontractées selon les niveaux et les types de service auxquels ils seront affectés.
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